11 9 1950 citoyen jmg

Courte, la mémoire

Dans son intervention télévisée de dimanche dernier, le président français a affirmé que « la République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire ». Il fallait le dire, et c’est bien. Il faudra tenir, et ce sera mieux, puisque, d’un trait rageur et au nom de leur idéologie, de nouveaux maîtres à penser veulent effacer de la mémoire occidentale les noms d’hommes et de femmes qui ont contribué au développement de populations.

Le mot d’ordre est sans concession : l’Occident, coupable de tous les maux, doit déboulonner… Déboulonner les statues de ceux qui ont amené, notamment en Afrique, l’instruction publique, la santé, les dispensaires, les routes, le christianisme. Me revient à la mémoire une conversation sur ce sujet avec un prêtre catholique qui nous avait hébergés une nuit dans sa mission, en brousse sénégalaise. Certes, l’action de nos ancêtres n’était pas parfaite, mais où est la perfection dans le monde des humains ?

Aujourd’hui, on voisine l’horreur… Il n’est de semaine sans que nous parviennent d’Afrique les nouvelles les plus tragiques, les plus abominables. Des villages sont pillés, des chrétiens massacrés. Le 1er juin 2020 (il y a moins d’un mois), le pasteur africain Emmanuel Bileya et sa femme Juliana, enceinte, sont assassinés pendant leur travail à la ferme. Ils laissent huit orphelins. Qui en a parlé dans les grands organes de presse de Suisse et de France ? A-t-on vu leur portrait sur les petits écrans aux heures de grande écoute ? Les foules ont-elles manifesté leur révolte devant l’abominable ?

L’Occident perd la tête. Il a la mémoire courte. Plus grave encore, il l’efface, la mémoire. Il est temps de se réveiller et de réagir.

 

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