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22/02/2013

Sept fois sept, la formule magique

La nouvelle Constitution de la République et canton de Genève a un grand mérite : elle offre une perspective renouvelée pour l’élection du Conseil d’Etat, au grand bonheur des partis. Elle nous ramène à des considérations pratiques, simples, propres au carnet de l’épicier, grâce à l’élection du gouvernement en deux tours de scrutin, au lieu de la simple majorité qualifiée de 33% au premier tour. On parle plus du nombre de candidats sur les listes que du caractère des magistrats actuels et futurs, ou de vision d’avenir...

Jusqu’à ce jour, les partis jouaient serrés, pour éviter la dispersion des voix. Un candidat ou deux, peut-être trois sur une liste pour sept postes à repourvoir, avec un dosage intelligent et concerté des diverses forces de la « coalition », pour ne plus dire de l’entente. Bien sûr, les partis devaient choisir, trancher, éliminer eux-mêmes lors de primaires. Désormais, ils laissent la responsabilité de la sélection à l’ensemble des électeurs. Votez, on choisira ensuite ! Elégante façon d’éviter les pressions amicales destinées à faire comprendre à un magistrat qu’il ferait mieux de laisser la place, délices de candidats calculateurs annoncés mais non déclarés…

La plupart des cantons suisses connaissent l’élection de leur gouvernement au scrutin majoritaire à deux tours. Les Vaudois ont fait la démonstration que des listes porteuses d’un nombre de candidats raisonnable étaient capables de « ratisser large » et de dégager une majorité gouvernementale. Mais, de ce côté-ci de la Versoix, le problème réside peut-être dans l’absence de personnalités profilées dont l’expérience inspire la confiance et en qui l’électrice et l’électeur « sentent » le magistrat potentiel.

Cet automne, nous élirons un parlement et un gouvernement. Pour le parlement, la représentation proportionnelle requiert le jeu des partis et des alliances. Il y a bien des années, j’étais, le dimanche, au bureau électoral de mon quartier pour les élections cantonales et je me souviens de cette brave électrice d’un âge respectable que nous ne voyions plus ressortir de l’isoloir. A l’heure du dépouillement, en début d’après-midi, nous avons retrouvé un bulletin portant cent noms méticuleusement écrits à la main. Patience de l’électeur (ou électrice), pitié pour les scrutateurs !

L’anecdote concerne l’élection d’un parlement de cent personnes. Mais il est question ici des sept membres du gouvernement, élus au système majoritaire, lequel appelle des personnalités déjà sorties du lot grâce à leur parcours politique et citoyen. Les partis doivent choisir leurs candidats. Ils doivent conclure des alliances solides. Les temps exigent des choix clairs et la nouvelle Constitution, avec l’élection du président du Conseil d’Etat par ses pairs et pour la durée de la législature, impose une majorité gouvernementale, comme chez nos voisins vaudois. Peut-on dès lors engager la partie dans la dispersion des gens et des troupes, laissant ouverte la porte à la combinazione entre les deux tours ?

Le champ de bataille (ou de ruines ?) de ce début de campagne électorale laisse le citoyen perplexe. Ou alors les états-majors préparent-ils une nouvelle formule magique gouvernementale… Jusqu’à combien de candidats ? Sept candidats fois sept listes, ou davantage peut-être, à voir les graines de nouveaux partis jetées avec abondance sur le sol genevois, certainement pas aussi fertile qu’attendu…