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19/08/2015

« La Revue réformée » : la réflexion et la pratique

LRR juillet 2015 bis.JPGLa dernière livraison de La Revue réformée vient de sortir de presse. Il convient de saluer cette parution, d’une grande richesse théologique. Relevons une contribution d’une trentaine de pages de Daniel Cobb, professeur de grec et de Nouveau Testament à la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, « Galates 3-4 : une alliance ni abrogée ni modifiée » ; un parcours historique, « Jean Huss, une réforme avant la Réforme », dû à la plume du pasteur Daniel Bergèse, chargé de cours d’histoire et de théologie systématique dans le même établissement ; « Quelques balises pour la relation d’aide », de David Powlison, enseignant et éditeur, un sujet ô combien d’actualité dans nos Eglises ; « La croissance de l’Eglise, œuvre divine ou humaine ? », une excellente réflexion de Jean-Philippe Bru, professeur-coordinateur de théologie pratique de la faculté réformée d’Aix-en-Provence.

Si ces articles sont de haute teneur, ils demeurent néanmoins accessibles pour tout lecteur attentif à une réflexion biblique, théologique et ecclésiale. La Revue réformée se veut « théologique et pratique », pour reprendre les termes de son comité de rédaction. A saluer. Et à faire connaître !

 

http://larevuereformee.net

30/07/2015

Liberté, je t'aime

drapeau chocolat 1.JPGPour autant que je m’en souvienne, je n’ai dû passer, en tout et pour tout, qu’un seul 1er Août hors de Suisse. C’était dans les années 1970, en Afrique de l’Ouest. Le moment de convivialité dans les jardins de l’ambassade avec les compatriotes helvétiques, le discours du président de la Confédération, le Valaisan Roger Bonvin cette année-là, diffusé par haut-parleurs, l’hymne national, sans oublier les assiettes bien suisses et la bière, tout nous rapprochait de ce pays que nous avions quitté (quelques mois pour certains, plusieurs années pour d’autres) et nous le faisait aimer davantage encore.

De retour dans la mère patrie, je n’ai cessé depuis lors de réfléchir au caractère très particulier de la Confédération helvétique et aux libertés exceptionnelles qu’elle offre. Le fédéralisme suisse est un gage de respect de l’expression des particularités cantonales. Le pouvoir est fortement décentralisé, la commune jouit de compétences étendues dans la plupart des cantons, avec un bémol pour Genève, dû sans doute à l’héritage de l’occupation napoléonienne. On a fait observer que la séparation des pouvoirs est non seulement un principe constitutionnel, mais une réalité géographique : le parlement (législatif) et le gouvernement (exécutif) ont leur siège à Berne − Ville fédérale et non capitale ! −, le Tribunal fédéral (pouvoir judiciaire) à Lausanne ! L’éloignement des centres de décision les uns par rapport aux autres n’est sans doute pas une mauvaise chose pour les différentes fonctions et missions d’un Etat.

La Suisse, quel pays ! D’aucuns rêvent aujourd’hui de renforcer le pouvoir du président ou de la présidente de la Confédération et, surtout, d’allonger la durée de son mandat. Genève connaît aujourd’hui une présidence du gouvernement cantonal étendue à cinq ans… attendons encore quelques années pour en mesurer les effets à (moyen) terme. Finalement, une présidence d’une année répartie à tour de rôle entre les membres d’un collège ne m’est pas antipathique… je crains les dérives autocratiques et monarchiques ! La mesure est gage d’équilibre, le partage du pouvoir de liberté.

« Liberté, le plus beau mot de toute langue, si celui d’amour n’existait pas », écrivait Alexandre Vinet. Le penseur vaudois, écrivain de belle plume, professeur de français à Bâle et de théologie (pratique) à Lausanne, citoyen attentif de la politique de son temps, fut ardent défenseur de la liberté de conscience, et de culte par conséquent, dans un XIXe siècle où les politiques de son canton, outre des affaires du gouvernement, se mêlaient de celles de l’Eglise. Il défendit le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat et il compte parmi les initiateurs de l’Eglise libre vaudoise.

Ce 1er Août 2015, je me souviendrai avec reconnaissance de toutes les libertés que le Dieu Tout-Puissant invoqué en préambule de la Constitution fédérale nous a données. Soyons attentifs à tout ce qui pourrait venir les grignoter pour, finalement, nous en priver !

 

Photo JMG: drapeau chocolat suisse à Crans-Montana.

05/07/2015

Parcs et jardins: cyclistes, pied à terre !

affiche vg cyclos.JPGNos amis cyclistes sont des fan(atique)s de mobilité douce. Pour eux, rien de plus détestable qu’un véhicule à moteur, son bruit, ses gaz d’échappement, la place occupée pour le parquer. Ils n’ont pas toujours tort, mais quand même… Ce premier dimanche de juillet, j’ai vu une maman sur son vélo, bébé à l’arrière et, devant elle, comme une grande, roulait la sœur aînée (petite) sur un joli vélo rose. Où ? Sur un chemin de campagne ? Non, sur une artère de grande circulation de la ville de Genève, par endroits rétrécie pour cause de travaux. L’image avait son côté sympathique, mais j’ai tout de même frémi pour les deux gamins.

Dans notre cité, des habitantes et habitants aiment marcher calmement. Tenez, dans un parc, par exemple, un dimanche que les prévisionnistes qualifient de caniculaire ! C’était notre choix ce matin. Direction Conservatoire et Jardin botaniques. Des couleurs. Des senteurs. Des ombres et des lumières, un paon un peu paresseux mais qui se plaisait à toiser les passants. Un crapaud, dans une mare, au milieu de la fraîcheur des feuilles de nénuphars. Que la création est belle ! Les artistes du Service des espaces verts de la Ville de Genève ont même aménagé un espace « Plantes & Spiritualités », propice à la méditation et à la contemplation reconnaissante des œuvres du Créateur.

Mais ce lieu de paix n’est pas absent de tout risque. Pas de grands dangers ici, mais mieux vaut ouvrir un œil sur une réalité bien terre à terre : un vélo peut nous surprendre… Pourtant, à l’entrée du jardin, le Service de l’aménagement urbain et de la mobilité de la Ville de la Ville a pris soin de placer une belle affiche grand format. « Ici, l’espace est réservé aux piétons. Les cyclistes mettent pied à terre. » L’homme de l’affiche donne l’exemple, il pousse son vélo. Son sourire engageant inspire confiance. En bandoulière, il porte un sac au logo évocateur : « J’aime les piétons. » Ce matin, j’ai partagé un sentiment de sympathie pour le cycliste.

Sentiment bref, toutefois. A peine engagés dans le petit bois frais du parc, histoire de quelques dizaines de mètres, nous croisons une cycliste. Elle marche en poussant son engin. Puis elle remonte sur sa bécane et repart, fière d’elle. La mobilité douce est une belle idée, peut-être l’entrée dans l’utopie. Sympathique. Mais dans un parc comme les Jardin et Conservatoire botaniques, n’est-ce pas manquer de respect à l’égard des artistes des espaces verts de la Ville que d’ignorer l’invite d’une affiche si sympathique, « ici, l’espace est réservé aux piétons » ? Les piétons : des enfants, des bébés dans une poussette, des parents, des personnes à mobilité réduite. Les cyclistes n’ont pas tous les droits.

La mobilité douce, c’est le respect et les égards mutuels pour rendre agréable la vie de toutes et de tous dans la cité.