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07/06/2017

Ô, ma Poste…

Les grandes manœuvres ont commencé pour restructurer La Poste suisse. « La cadence n’est plus la même, tout va plus vite, il faut s’adapter aux besoins », lance sa directrice générale, Mme Susanne Ruoff. En point de mire, la suppression de 500 à 600 offices de poste sur les 1400 actuels d’ici à 2020. Avec un coût social douloureux, puisque 1200 employés sont concernés. Coût humain de surcroît, puisque des licenciements ne sont pas exclus par le géant jaune. Aujourd’hui déjà, 800 000 habitants de notre pays n’ont plus accès à un bureau de poste dans les limites raisonnables fixées par le Conseil fédéral. Pour demain, on parle du double, sinon plus.

« Tout va plus vite, il faut s’adapter… » Ce mardi lendemain de la Pentecôte, c’était la grande journée à l’office de la Servette, comble. Les gens patientaient à l’extérieur, devisant façon Fête des voisins. Le ciel fut clément pour eux, leur dispensant un soleil agréable. Le mécontentement était pourtant perceptible. Notre « ticket d’entrée » nous promettait une attente digne de faire sortir de leurs gonds les plus patients d’entre nous… 

Les offices de poste seront remplacés par des filiales chez des commerçants. Mais l’épicier remplacera-t-il avantageusement l’employé de La Poste, qui tremble aujourd’hui pour sa place de travail ? La question se pose et elle est légitime. Les syndicats voient là une pression sur les salaires à la faveur d’une sous-traitance. « Il faut s’adapter aux besoins », selon Mme Ruoff. Mais de quels besoins parle-t-elle ? De ceux de l’usager-client ? Décidément, dans cet univers impersonnel gouverné par les lois de la finance et de la rationalisation, le client n’est plus roi. On le regrettera.

30/07/2015

Liberté, je t'aime

drapeau chocolat 1.JPGPour autant que je m’en souvienne, je n’ai dû passer, en tout et pour tout, qu’un seul 1er Août hors de Suisse. C’était dans les années 1970, en Afrique de l’Ouest. Le moment de convivialité dans les jardins de l’ambassade avec les compatriotes helvétiques, le discours du président de la Confédération, le Valaisan Roger Bonvin cette année-là, diffusé par haut-parleurs, l’hymne national, sans oublier les assiettes bien suisses et la bière, tout nous rapprochait de ce pays que nous avions quitté (quelques mois pour certains, plusieurs années pour d’autres) et nous le faisait aimer davantage encore.

De retour dans la mère patrie, je n’ai cessé depuis lors de réfléchir au caractère très particulier de la Confédération helvétique et aux libertés exceptionnelles qu’elle offre. Le fédéralisme suisse est un gage de respect de l’expression des particularités cantonales. Le pouvoir est fortement décentralisé, la commune jouit de compétences étendues dans la plupart des cantons, avec un bémol pour Genève, dû sans doute à l’héritage de l’occupation napoléonienne. On a fait observer que la séparation des pouvoirs est non seulement un principe constitutionnel, mais une réalité géographique : le parlement (législatif) et le gouvernement (exécutif) ont leur siège à Berne − Ville fédérale et non capitale ! −, le Tribunal fédéral (pouvoir judiciaire) à Lausanne ! L’éloignement des centres de décision les uns par rapport aux autres n’est sans doute pas une mauvaise chose pour les différentes fonctions et missions d’un Etat.

La Suisse, quel pays ! D’aucuns rêvent aujourd’hui de renforcer le pouvoir du président ou de la présidente de la Confédération et, surtout, d’allonger la durée de son mandat. Genève connaît aujourd’hui une présidence du gouvernement cantonal étendue à cinq ans… attendons encore quelques années pour en mesurer les effets à (moyen) terme. Finalement, une présidence d’une année répartie à tour de rôle entre les membres d’un collège ne m’est pas antipathique… je crains les dérives autocratiques et monarchiques ! La mesure est gage d’équilibre, le partage du pouvoir de liberté.

« Liberté, le plus beau mot de toute langue, si celui d’amour n’existait pas », écrivait Alexandre Vinet. Le penseur vaudois, écrivain de belle plume, professeur de français à Bâle et de théologie (pratique) à Lausanne, citoyen attentif de la politique de son temps, fut ardent défenseur de la liberté de conscience, et de culte par conséquent, dans un XIXe siècle où les politiques de son canton, outre des affaires du gouvernement, se mêlaient de celles de l’Eglise. Il défendit le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat et il compte parmi les initiateurs de l’Eglise libre vaudoise.

Ce 1er Août 2015, je me souviendrai avec reconnaissance de toutes les libertés que le Dieu Tout-Puissant invoqué en préambule de la Constitution fédérale nous a données. Soyons attentifs à tout ce qui pourrait venir les grignoter pour, finalement, nous en priver !

 

Photo JMG: drapeau chocolat suisse à Crans-Montana.

13/02/2015

Si on pensait aux familles?

Ce vendredi en début de soirée, débat à Forum de la radio romande sur l'initiative démocrate-chrétienne pour la défiscalisation des allocations familiales.Excellent point de vue du conseiller national Yannick Buttet, président de la commune valaisanne de Collombey-Muraz, pour la défense de la famille (et de la femme!) face à Claudine Esseiva, secrétaire générale des femmes libérales-radicales.

Argument de poids en faveur de l'initiative: les baisses d'impôts en faveur des entreprises posent moins de problèmes que des allègements fiscaux pour les familles.

Il fallait le redire.

Vive la famille! Vive les jeunes parents! Vive les enfants!