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Suisse

  • 19 mai: menu électoral copieux!

     

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    Le Confédéré suisse est un citoyen heureux. Au bénéfice d’un privilège que beaucoup lui envient dans d’autres pays, non seulement il élit ses parlementaires et ses magistrats, mais il est appelé à donner son avis sur quantité de sujets liés à l’Etat fédéral, à son canton et à sa commune. Ainsi, le menu électoral déposé sur la petite table ronde de notre salon, près de la fenêtre, était copieux cet après-midi d’avril, à quelques semaines des votations fédérales et cantonales du 19 mai 2019… Une loi fédérale relative à une réforme fiscale et au financement de l’assurance vieillesse, un arrêté fédéral sur les armes en relation avec une directive européenne, et neuf objets cantonaux genevois – pas moins, imaginez l’effort de concentration du citoyen lambda ! –, allant de la caisse de pension des employés de l’Etat à une initiative citoyenne sur le plafonnement des primes d’assurance maladie et à son contreprojet gouvernemental, en passant par une loi sur l’imposition des personnes morales et une autre initiative citoyenne sur la politique culturelle. Avec, en point de mire, une loi sur les heures d’ouverture des magasins – et trois dimanches par an, je vous en prie… Ouf, n’en jetez plus !

    Pour répondre à ces questions – oui, non, abstention –, le citoyen peut suivre les avis des partis, associations et groupements. Il peut aussi s’appliquer à lire la documentation mise à sa disposition : en l’occurrence, une brochure de 56 pages pour les deux questions fédérales, une autre de 176 pages pour les neuf points cantonaux genevois, toutes deux envoyées sous plis distincts… Mais, pour s’y appliquer, il lui faut un solide appétit et un intérêt certain pour les objets soumis, qui le concernent tous à divers degrés. J’ai tenté l’exercice, à coups de brochures annotées et surlignées au stabilo. Résultat : une opinion personnelle sur les objets soumis, en rapport avec ma situation personnelle – ose-t-on le dire ? – et en relation avec la communauté.

    On rêve ailleurs d’en appeler plus régulièrement au peuple. Dans la zizanie des manifestations hebdomadaires chez nos voisins français, on s’est mis à rêver d’un référendum d’initiative citoyenne. Bravo ! Le tout est de savoir quelle question poser et comment y répondre. Pensons au fameux référendum du 27 avril 1969 – il y a tout juste cinquante ans –, quand Charles de Gaulle a mis en jeu la poursuite de son action à la tête de l’Etat. Les citoyennes et citoyens avaient-ils en tête la régionalisation et la réforme du Sénat, la question posée… ou le départ du président ?

    Oui, voter est un privilège et ce n’est pas toujours facile si on prend la chose au sérieux. En réfléchissant aux questions posées ce 19 mai aux citoyens helvétiques, je n’ai pas pensé une seconde à répondre oui ou non à tel ou tel magistrat, à tel ou tel parti. En conscience, j’ai pris chaque objet pour ce qu’il est. Exercice stimulant !

  • Didier Burkhalter

    Discours très personnel et chargé d’émotion du conseiller fédéral démissionnaire devant l’Assemblée fédérale, ce mercredi matin 20 septembre, autour du respect et des valeurs de la Suisse. Didier Burkhalter a mis en évidence le système de gouvernement collégial, au sein duquel il n’y a pas de place pour un pouvoir personnel. Bouquet final : un hommage à sa femme Friedrun Sabine. Avec une belle conclusion : « Merci ! » Applaudissements nourris et prolongés de l’assemblée.

    Un homme de conviction, modeste et droit, quitte le gouvernement fédéral. Merci, Monsieur !

  • Ô, ma Poste…

    Les grandes manœuvres ont commencé pour restructurer La Poste suisse. « La cadence n’est plus la même, tout va plus vite, il faut s’adapter aux besoins », lance sa directrice générale, Mme Susanne Ruoff. En point de mire, la suppression de 500 à 600 offices de poste sur les 1400 actuels d’ici à 2020. Avec un coût social douloureux, puisque 1200 employés sont concernés. Coût humain de surcroît, puisque des licenciements ne sont pas exclus par le géant jaune. Aujourd’hui déjà, 800 000 habitants de notre pays n’ont plus accès à un bureau de poste dans les limites raisonnables fixées par le Conseil fédéral. Pour demain, on parle du double, sinon plus.

    « Tout va plus vite, il faut s’adapter… » Ce mardi lendemain de la Pentecôte, c’était la grande journée à l’office de la Servette, comble. Les gens patientaient à l’extérieur, devisant façon Fête des voisins. Le ciel fut clément pour eux, leur dispensant un soleil agréable. Le mécontentement était pourtant perceptible. Notre « ticket d’entrée » nous promettait une attente digne de faire sortir de leurs gonds les plus patients d’entre nous… 

    Les offices de poste seront remplacés par des filiales chez des commerçants. Mais l’épicier remplacera-t-il avantageusement l’employé de La Poste, qui tremble aujourd’hui pour sa place de travail ? La question se pose et elle est légitime. Les syndicats voient là une pression sur les salaires à la faveur d’une sous-traitance. « Il faut s’adapter aux besoins », selon Mme Ruoff. Mais de quels besoins parle-t-elle ? De ceux de l’usager-client ? Décidément, dans cet univers impersonnel gouverné par les lois de la finance et de la rationalisation, le client n’est plus roi. On le regrettera.