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27/05/2018

Les Psaumes, poésie, chant et étude

kidner 1.JPGAttendue depuis longtemps, la traduction française du second volume de l’étude du livre des Psaumes de Derek Kidner vient de paraître ! Sous le titre Psaumes 73 à 150, l’auteur, pasteur anglican décédé en 2008, spécialiste de l’Ancien Testament auquel il a consacré d’excellents ouvrages, nous livre une étude de haute tenue. Pour nombre de croyants au cours de l’histoire, les Psaumes, médités, priés, chantés, ont été source d’inspiration et d’encouragement, tant ils expriment l’intimité de l’âme humaine, les angoisses, le sentiment d’encerclement, les luttes contre les adversités de l’existence, mais aussi la reconnaissance et la confiance quand le regard se détourne des profondeurs pour s’élever vers Dieu.

J’ai passé des heures devant les pages – soulignées, surlignées, annotées – du premier volume. C’est dire avec quelle impatience j’attendais la publication française du second. Chacun des 150 psaumes fait l’objet d’une analyse approfondie à partir d’une étude exégétique sérieuse, laquelle permet au lecteur du XXIe siècle de goûter à la saveur du texte biblique original, parfois un peu obscur à ses yeux. Sa méditation s’en trouve de la sorte enrichie. Le recueil des Psaumes est souvent vu comme le cœur de la Bible. La vie et ses tracas y sont décrits, mais l’être humain n’est pas livré au hasard des circonstances, puisque placé devant Dieu. Ainsi, Kidner ouvre le Psaume 128 avec le sous-titre « Paix » : « Les bénédictions tranquilles d’une vie réglée sont décrites depuis leur centre jusqu’à leur aboutissement dans ce psaume qui envisage d’abord l’homme pieux, ensuite sa famille et enfin tout Israël. Voici la simple piété avec ses fruits caractéristiques : la stabilité et la paix. »

Tout au long de ses deux ouvrages, Derek Kidner introduit le lecteur à la poésie hébraïque. Il lui fait rencontrer les auteurs des Psaumes (David, bien sûr, qui en composa 73 sur les 150 du recueil, mais aussi Salomon, les fils de Qoré, Asaph, Moïse…) ; il l’initie aux termes techniques propres aux Psaumes ; il ouvre pour lui les notes liturgiques si poétiques (« Biche de l’aurore », « Colombe des térébinthes lointains »…) ; il décrit les épisodes de la vie du roi David mentionnés dans les suscriptions ; il dessine la perspective messianique (impossible de méditer les Psaumes et de lire l’Ancien Testament sans y voir le Christ… ce serait passer à côté de l’essentiel, et rater l’exercice !). Kidner analyse les ressemblances entre le magnifique chant de la création du Psaume 104 et l’Hymne au soleil du pharaon Akhénaton (XIVe siècle av. J.-C.). Inspirant !

Psaumes 73 à 150 s’inscrit dans la série Commentaire évangélique de la Bible publiée par Edifac, les éditions de la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, en France. Si l’étude de Derek Kidner est consistante, elle reste tout à fait accessible à un large public qui cherche à approfondir la connaissance du texte biblique. Les Psaumes n’expriment-ils pas la louange envers le Dieu créateur et rédempteur ? Gloria in Excelsis Deo !

 

23/02/2018

Billy Graham, bon et fidèle serviteur

Ombre de tristesse, ce mercredi après-midi 21 février, quand j’apprends, à la faveur des réseaux sociaux, le décès de Billy Graham. Mais, en parcourant les hommages rendus à ce prédicateur infatigable de l’Evangile, je suis saisi par un sentiment de profonde reconnaissance. Graham a marqué plusieurs générations, son message percutant, pimenté d’un humour délicieux, a touché au plus profond des êtres, remuant et bouleversant nombre de vies. On parle de plus de 200 millions de personnes atteintes dans les grands rassemblements de foule à travers le monde, sans compter les auditeurs de ses programmes radiodiffusés et les lecteurs de ses livres et articles publiés dans le magazine Décision.

Un carnet d’adresses à faire pâlir d’envie… Il a côtoyé les plus grands, tous les présidents américains depuis Harry Truman, souvent dans des heures de crise, la reine d’Angleterre, des hommes d’affaires, des artistes. Les plus modestes aussi, et le peuple surtout, lors de ses célèbres shows, à l’américaine certes, mais qui touchaient les gens, car Graham savait parler.

Parler. Avec conviction. Après une sérieuse réflexion sur sa foi personnelle, il accepte la Bible comme étant la Parole inspirée et infaillible de Dieu. « La Bible dit… » Ces trois mots rythmaient ses prédications, leur donnaient autorité. On savait ce que l’orateur croyait. Il parlait avec force et chaleur humaine, dans un cœur à cœur avec ses auditeurs, les yeux dans les yeux, abordant les problèmes existentiels de l’être humain. Parler à ses contemporains, c’était l’art de Billy Graham.

On lui a reproché son alignement sur un certain conservatisme d’outre-Atlantique. Mais, dès les années 1950, il a clairement refusé de prêcher devant un auditoire où était pratiquée la ségrégation raciale, et cela déjà dans son propre Etat de Caroline du Nord (rappelez-vous l’époque marquée par le racisme de l’ancienne Confédération sudiste), comme plus tard dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Il était l’ami de Martin Luther King. Proche des présidents américains ? Oui, mais surtout leur conseiller spirituel en réponse à leur invitation, qu’ils soient républicains ou démocrates.

Graham partageait une vision universelle de l’Eglise. Il avait visité tous les continents. Il fut un des initiateurs, dans les années 1970, du Mouvement de Lausanne pour l’évangélisation mondiale, aux côtés de l’anglican John Stott. Il s’agissait, pour les chrétiens, de se rencontrer, de dépasser les murs des chapelles, d’agir en étant animés d’une vision du christianisme qui englobe toutes les sphères de l’existence. L’évangélisation, certes, mais aussi la vie sociale, l’économie, l’environnement, les arts, la politique, bref, tout ce qui fait notre humanité quotidienne.

Dans les années 1950, on parlait déjà de Billy Graham en Suisse romande. Le Journal de Genève des samedi 11 et dimanche 12 juin 1955 ouvre sa page « Lettres • Art • Histoire » au pasteur Claude Reverdin, qui exerçait alors son ministère à Londres, pour qu’il donne son point de vue sur le jeune Américain. Le propos n’est pas dénué d’intérêt. Certains aspects des campagnes de Billy Graham peuvent prêter le flanc à la critique, mais « les pharisiens non plus n’aimaient pas les méthodes de Jean-Baptiste », relève le pasteur genevois. Faut-il pour autant refuser d’écouter Graham ? Il est certes difficile de comparer le Jean-Baptiste évangélique au jeune prédicateur américain. « La distance est infinie entre la retraite, le dépouillement du premier et la vie débordante d’activités et matériellement très facile du second. Mais c’est le même message de repentance et de retour à Dieu. C’est une prédication simple, claire, directe et énergique. On sait où on en est et on est obligé d’écouter. Qu’à travers cette prédication Dieu se soit révélé à beaucoup ne fait aucun doute. »

Alors oui, dans ces moments de peine, un grand nombre de chrétiens ont un profond sentiment de reconnaissance pour le travail de ce bon et fidèle serviteur de l’Evangile ! Son héritage est éternel.

12/01/2016

Vers la lumière ou l’étoile noire ?

On connaît l’engagement chrétien du chanteur Michel Delpech, décédé en ce tout début d’année à l’âge de 69 ans. Il ne s’en cachait pas, sans « en faire trop toutefois ». Des circonstances personnelles et familiales l’avaient plongé dans une profonde dépression, mais l’artiste connaît une véritable résurrection en 1986, quand, en voyage à Jérusalem, il tombe en sanglots devant le tombeau vide du Christ. C’est le flash. Il en ressort en homme nouveau. La dépression est derrière lui ! Il ne cessera depuis lors de témoigner de cette conversion qui bouleversa sa vie et de son attachement au Christ, dans deux de ses livres notamment : L'homme qui avait bâti sa maison sur le sable et J'ai osé Dieu.

Delpech, gravement atteint dans sa santé, ne perd pas pied. Il sait pourtant que la maladie est cruelle et qu’elle aura le dernier mot. A l’automne 2014, il chante : « Voici la fin de mon chemin sur terre. Je suis à toi, accueille-moi, mon Père. […] Je m’en vais là où brille la lumière. […] L’éternité commence. »

Décidément, l’année 2016 commence mal pour la planète des artistes. Ce lundi matin de janvier, vers 8 heures, les radios annoncent le décès de David Bowie. Il venait de livrer son « testament » avec son album « Blackstar », véritable descente dans la nuit d’un prophète illuminé dans un décor d’angoisses. J’en frémis.

L’espérance de Michel Delpech est plus lumineuse, et c’est mieux pour l’éternité !