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10/06/2013

L'amour de la sagesse

Ils sont dix-huit, collègues, amis, anciens étudiants, à offrir ce témoignage de reconnaissance au professeur Henri Blocher, à l'occasion de son 75e anniversaire. La publication est dirigée par Alain Nisus, professeur à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, qui ouvre le livre par un chapitre remarquable (35 pages), « La contribution d’Henri Blocher à la réflexion théologique ». L’ouvrage est divisé en trois grandes sections, « Ancien Testament », « Nouveau Testament », « Histoire et dogmatique » avec, écrit Nisus dans son introduction, « différents types de textes traitant d’une diversité de problématiques : exégèse, histoire de la pensée chrétienne, étude de théologie, de philosophie voire de sociologie. Par leur nombre et leur diversité, ces contributions témoignent de l’ampleur du rayonnement exercé par Henri Blocher en tant de domaines. »

Le livre est destiné à un public averti, mais l’amateur d’une pensée solide en ces matières y puisera avec délices. Il n’est pas interdit de pousser la réflexion en matière biblique, de se dépasser un peu ! Les auteurs du collectif ne manquent pas d’originalité dans le choix des thèmes développés. Ainsi Emile Nicole, « La crainte du Seigneur, commencement et fin de la sagesse » ; Pierre Berthoud, « Gilgamesh et l’Ecclésiaste, deux sages en quête de bonheur » ; Christophe Paya, « La parabole du roi et des deux débiteurs (Matthieu 18.23-35) : grâce et responsabilité dans la communauté des disciples » ; Paul Wells, « Vous avez dit calviniste ? » ; Lydia Jaeger, « Herman Dooyeweerd, la ‹spéculation sur le logos› et la vérité ; Jean Baubérot, « La participation des évangéliques à la construction de la laïcité ». La présentation des auteurs est volontairement succincte dans cette note.

L’annexe est imposante, longue recension d’articles signés Henri Blocher et publiés dans des ouvrages collectifs, des revues, des dictionnaires, des écrits collectifs, sans compter la dizaine de livres du théologien, dont un en anglais !

 

L’amour de la sagesse. Hommage à Henri Blocher, sous la direction d’Alain Nisus, Edifac-Excelsis, 2012, collection Interprétation, 406 pages.

14/02/2013

Le Cantique des cantiques

Au fil de mes lectures, ce dimanche qui précède la Saint-Valentin (n’y voyez aucune intention de calendrier liturgique !), j’ouvre une revue d’étudiants en théologie parue en 1989 et je tombe sur une contribution de Max Engammare, alors boursier de l’Institut d’histoire européenne de Mayence, aujourd’hui directeur des Editions Droz. La Tribune de Genève a fait état, tout récemment, de la publication, sous la direction de Max Engammare, de sermons de Jean Calvin sur le livre du prophète Esaïe découverts dans la bibliothèque d’une paroisse de Londres. Pour cette raison, ma curiosité a été attirée par l’article qu’il a écrit pour la revue Hokhma, sous le titre « Les colombes de tes yeux. L’utilisation réformée et contemporaine du Cantique des cantiques ». Décidément, l’éditeur genevois doit aimer l’hébreu de l’Ancien Testament !

 

Max Engammare cite Karl Barth, qui consacre plusieurs dizaines de pages de sa Dogmatique (26 volumes !) au Cantique des cantiques. Et quelle citation ! Une perle : « On ne doit pas souhaiter que ce livre [le Cantique] ne soit pas dans le canon [biblique], ni faire comme s’il n’y était pas. » Pourquoi ignorer ce chant de l’amour ? Ou passer à côté ? Ou faire comme s’il n’existait pas ou n’était pas digne d’un écrit sacré ? En français, les mots y sont prenants, mais ils sont torrides dans l’hébreu de Salomon le sage, à qui ils sont attribués.

Le Cantique des cantiques, belle lecture pour les amoureux ! 

08/01/2013

Claude Vanderlinden

Il aimait dire « le temple Saint-Pierre », où il fut pasteur jusqu’à sa retraite, à l’automne 2011. Nous avons appris ce mardi matin le décès du pasteur Claude Vanderlinden. La nouvelle nous a peinés, comme elle a certainement peiné nombre de protestants qui le connaissaient mieux que nous.

Je travaillais en Vieille-Ville et nous aimions aller écouter Claude Vanderlinden quand il prêchait le dimanche matin à Saint-Pierre. Il ne parlait pas pour ne rien dire. Il avait un message à communiquer et, de sa voix calme, il le communiquait. Il nous ouvrait les Saintes Ecritures, y puisant son message de paix et de confiance. Ses sermons étaient des modèles de connaissance biblique et ils étaient délivrés sur un ton de grande humilité. A la sortie du service, il était agréable d’échanger quelques mots avec ce ministre.

Nous n’entendrons plus le pasteur Vanderlinden et nous le regrettons. Retiré en Valais (c’est par le quotidien Le Nouvelliste que j’ai appris son décès), il aurait pu apporter encore beaucoup à l’Eglise réformée évangélique de ce canton. C’est un bon et fidèle serviteur qui s’en va et sa mémoire restera en bénédiction pour beaucoup.