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06/12/2015

« La Revue réformée » : la création!

LRR nov 2.JPGLe dernier numéro de l’année 2015 de La Revue réformée, éditée par la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, vient de sortir de presse. Il vaut la peine de s’y arrêter. A l’heure où l’environnement, le climat ‒ l’écologie pour tout dire ‒ font la une de l’actualité avec la COP21 (Conférence des parties) de Paris, il n’est pas inutile de revenir aux textes anciens pour réfléchir à la création et à notre place dans cette création.

Le professeur néerlandais Gert Kwakkel, spécialiste de l’Ancien Testament qu’il enseigne aux Pays-Bas et à Aix-en-Provence, livre deux excellentes contributions : « La théologie de la création dans le Psaume 104 » et « L’Evangile de Dieu le créateur en Genèse 1 ». Dans ce second article, l’auteur reconnaît ne pas être un spécialiste dans les domaines scientifiques des origines qui ouvrent bien des controverses, mais son souci est de ne pas passer à côté « des choses les plus essentielles que Dieu nous révèle dans ce texte » de la Genèse. Pour Kwakkel, « la création de l’homme le sixième jour est non seulement le dernier élément de l’œuvre créatrice de Dieu en Genèse 1, mais aussi son point culminant ». En conclusion de son article, le théologien néerlandais rejoint les préoccupations de la conférence de Paris, sans en faire mention toutefois. Les chrétiens sont invités « à admirer la création et à la protéger autant que possible ».

Avec les pages de « La théologie de la création dans le Psaume 104 », Kwakkel nous invite à découvrir « l’explication la plus complète de l’œuvre de création de Dieu en dehors de la Genèse », à la faveur du langage poétique d’un psaume : l’eau, le soleil et la lune, la mer et les animaux marins, et même la nourriture ! Un tableau établit les similitudes et les différences entre le Psaume 104 et le premier chapitre de la Genèse. Mais le monde créé dans lequel nous vivons n’est pas que poésie, et l’auteur n’hésite pas à aborder la question troublante des tsunamis et des désastres « causés par le réchauffement de la planète », mais dans la perspective du croyant attaché à la révélation biblique.

Le langage de l’Ancien Testament n’échappe pas au contexte du Proche-Orient ancien et le lecteur curieux sera intéressé notamment par la mention de L’hymne à Aton (quatorze siècles avant Jésus-Christ !) et ses similitudes avec le texte biblique.

Cette dernière livraison 2015 de La Revue réformée nous invite aussi à réfléchir à cette question en titre d’une conférence du professeur Yannick Imbert : « Pouvons-nous encore défendre la foi à l’ère du dialogue interreligieux ? » Cet article paraît à son heure, une heure de coexistence difficile entre les religions et les croyances.

Le lecteur attentif appréciera le niveau intellectuel de qualité de La Revue réformée autant que le souci unanime de ses rédacteurs d’une mise en pratique du christianisme dans la réalité quotidienne. Belle publication que ce numéro de fin d’année ! Merci.

19/08/2015

« La Revue réformée » : la réflexion et la pratique

LRR juillet 2015 bis.JPGLa dernière livraison de La Revue réformée vient de sortir de presse. Il convient de saluer cette parution, d’une grande richesse théologique. Relevons une contribution d’une trentaine de pages de Daniel Cobb, professeur de grec et de Nouveau Testament à la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, « Galates 3-4 : une alliance ni abrogée ni modifiée » ; un parcours historique, « Jean Huss, une réforme avant la Réforme », dû à la plume du pasteur Daniel Bergèse, chargé de cours d’histoire et de théologie systématique dans le même établissement ; « Quelques balises pour la relation d’aide », de David Powlison, enseignant et éditeur, un sujet ô combien d’actualité dans nos Eglises ; « La croissance de l’Eglise, œuvre divine ou humaine ? », une excellente réflexion de Jean-Philippe Bru, professeur-coordinateur de théologie pratique de la faculté réformée d’Aix-en-Provence.

Si ces articles sont de haute teneur, ils demeurent néanmoins accessibles pour tout lecteur attentif à une réflexion biblique, théologique et ecclésiale. La Revue réformée se veut « théologique et pratique », pour reprendre les termes de son comité de rédaction. A saluer. Et à faire connaître !

 

http://larevuereformee.net

02/11/2014

Réforme et Résistance

st pierre 3 branches.JPGCe dimanche 2 novembre, le peuple protestant commémorait la Réformation. On se souvient de ce 31 octobre 1517, quand un jeune moine allemand, Martin Luther, affichait 95 thèses sur la porte de l’église de Wittenberg, « par amour de la vérité et par souci de la mettre en lumière ». Le mouvement est lancé, il se répandra. L’Allemagne prépare d’ailleurs une grande année de la Réforme pour 1517.

 

Les protestants réformés n’aiment pas la tradition, qui lie et retient dans le passé. Reformata et semper reformanda. Ils n’aiment pas la tradition, mais ils savent commémorer. La mémoire – faire mémoire – n’est-elle pas au cœur de l’Evangile ? Ce premier dimanche du mois de novembre, ils se sont souvenus, dans les temples et devant le Mur des réformateurs du parc des Bastions. Le soleil brillait, l’air était doux, à la différence de tant d’années passées.

Sur la colline de Saint-Pierre, le temple était plein. Beau culte, belles prestations musicales des chœurs de Chêne et de Vandœuvres, pièces d’orgue magistrales de Vincent Thévenaz, dont une surprenante reprise rythmée du Chant des partisans (signe de ralliement des résistants sous l’Occupation), au cours de la prédication du pasteur Bruno Miquel.

Que venait faire ici le Chant des partisans ? Il faut rappeler un point d’histoire du protestantisme de Genève, cité de refuge pour ces huguenots français, poussés hors du royaume après la révocation de l’édit du bon Henri IV favorable aux protestants. La France de Louis XIV est placée sous la devise d’un roi, d’une foi, d’une loi. Dragonnades et interdiction formelle de suivre la religion prétendue réformée, la RPR, comme l’appelaient les zélateurs du monarque.

Le culte à Saint-Pierre de ce dimanche, retransmis par la Télévision suisse romande, commençait par une reconstitution historique sympathique et émouvante tout à la fois, un dialogue entre une figure cévenole, Marie Durand, et de jeunes catéchumènes genevois. Marie Durand ? Pour prix de son refus d’abjurer, elle sera enfermée trente-huit ans dans la Tour de Constance, dans le département du Gard, arrêtée qu’elle fut au bel âge plein de promesses de 19 ans.

Un mot gravé sur la margelle du puits de sa prison lui est attribué : « RÉSISTER ». Quel symbole ! Le mot redonnera espoir à beaucoup de martyrs aux heures les plus sombres de l’histoire de France. Lors de la mise en scène télévisée de ce dimanche matin, un jeune fera remarquer à Marie Durand que trente-huit ans de réclusion, c’est un prix bien lourd à payer… Quand les écrans de la télévision ont mis en évidence un gros livre ancien, au papier épais, on a peut-être commencé à comprendre : la Bible !

Les protestants n’aiment pas la tradition mais ils sont attachés à l’histoire. Ces femmes et ces hommes, ces valeureux huguenots, ont cher payé leur fidélité. Ils sont des exemples. Ils méritent notre respect.