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07/04/2016

Matthieu Richelle, la laïcité heureuse

matthieu richelle.jpgProfesseur d’Ancien Testament à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, chercheur et chargé de conférences à l’Ecole pratique des hautes études, Matthieu Richelle vit avec les langues anciennes du monde sémitique. Sa passion : mettre en relation les inscriptions découvertes lors de fouilles archéologiques avec les sources bibliques.

Mais, avant la théologie et l’épigraphie, Richelle fut professeur de mathématiques, puis il partit à Jérusalem, à l’École biblique et archéologique française. Aujourd’hui, face à ses étudiants de l’Ecole pratique des hautes études de Paris, sa démarche est avant tout scientifique. Dans une interview publiée cette semaine par l’excellent hebdomadaire Réforme, il dit simplement : « Je suis le représentant de l’Etat, je ne mets pas mes convictions en avant. J’utilise les arguments scientifiques. Le texte peut résonner en eux s’ils ont des convictions religieuses. C’est une laïcité heureuse. » Pourtant, le scientifique est homme de conviction. « Evangélique, mais protestant avant tout », poursuit-il sereinement.

Matthieu Richelle sera l’un des invités de l’émission « Présence protestante » diffusée ce dimanche 10 avril 2016, à 10 heures, par France 2. De quoi parlera-t-il ? De la figure d’Adam. En toute connaissance de cause, assurément… un de ses livres est précisément consacré aux onze premiers chapitres de la Genèse, donc à nos origines à toutes et à tous ! L’enseignant ne craint pas de confronter ses convictions bibliques aux résultats de recherches qui peuvent désarçonner. Chercheur, il sait évacuer les préjugés. Mais cette vocation d’érudit et d’enseignant, non seulement dans une faculté libre mais dans un établissement d’enseignement supérieur d’Etat, a de quoi réjouir quiconque porte intérêt aux sources universelles de l’humanité. Vous l’avez dit : laïcité heureuse.

11/12/2015

Mur des réformateurs

Les Genevois aiment leur histoire. Ils en sont fiers et ils ont cent fois, mille fois raison. Mais la connaissent-ils bien ? « Présence protestante » viendra rafraîchir nos mémoires grâce à son émission consacrée au Monument international de la Réformation, notre Mur des réformateurs, diffusée sur France 2 ce dimanche 13 décembre 2015, à 10 heures. La première partie de ce documentaire a été diffusé il y a quelques semaines.

Le Monument international de la Réformation fut inauguré en 1909, année du quatre centième anniversaire de la naissance de Jean Calvin et des trois cent cinquante ans de la fondation de l’Académie. Il fut le lauréat d’un concours auquel furent présentées 71 propositions ; certaines d’entre elles évoquaient davantage des monuments aux morts aux dimensions sinistres que le vent nouveau apporté par la Réformation du XVIe siècle. D’autres mettaient trop en évidence Calvin et d’aucuns ont fait observer que l’homme n’aurait pas apprécié d’être ainsi mis au-dessus de ses collègues… « Présence protestante » nous offre des images d’archives qui permettent de mieux apprécier le projet primé de quatre architectes genevois et mis en œuvre grâce au talent de deux sculpteurs français.

Le monument est adossé à une partie des anciennes murailles et il est enregistré comme bien culturel suisse d’importance nationale. Il n’est pas anodin de rappeler la contribution de la Ville de Genève à l’érection de ce monument. Son Conseil municipal fut de la partie en votant, le 6 décembre 1907 et sur proposition du Conseil administratif, un arrêté dont l’article premier stipule que « l’emplacement de l’ancien Jardin botanique, situé entre l’alignement futur de la rue de la Croix-Rouge et l’avenue centrale de la Promenade des Bastions, est mis à la disposition du Comité général du Monument de la Réformation, pour ériger un monument ». On se prend à rêver en notre début de vingt et unième siècle aux furieux accents de laïcité militante et idéologue…

Beau documentaire à voir ce dimanche matin !

06/12/2015

« La Revue réformée » : la création!

LRR nov 2.JPGLe dernier numéro de l’année 2015 de La Revue réformée, éditée par la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, vient de sortir de presse. Il vaut la peine de s’y arrêter. A l’heure où l’environnement, le climat ‒ l’écologie pour tout dire ‒ font la une de l’actualité avec la COP21 (Conférence des parties) de Paris, il n’est pas inutile de revenir aux textes anciens pour réfléchir à la création et à notre place dans cette création.

Le professeur néerlandais Gert Kwakkel, spécialiste de l’Ancien Testament qu’il enseigne aux Pays-Bas et à Aix-en-Provence, livre deux excellentes contributions : « La théologie de la création dans le Psaume 104 » et « L’Evangile de Dieu le créateur en Genèse 1 ». Dans ce second article, l’auteur reconnaît ne pas être un spécialiste dans les domaines scientifiques des origines qui ouvrent bien des controverses, mais son souci est de ne pas passer à côté « des choses les plus essentielles que Dieu nous révèle dans ce texte » de la Genèse. Pour Kwakkel, « la création de l’homme le sixième jour est non seulement le dernier élément de l’œuvre créatrice de Dieu en Genèse 1, mais aussi son point culminant ». En conclusion de son article, le théologien néerlandais rejoint les préoccupations de la conférence de Paris, sans en faire mention toutefois. Les chrétiens sont invités « à admirer la création et à la protéger autant que possible ».

Avec les pages de « La théologie de la création dans le Psaume 104 », Kwakkel nous invite à découvrir « l’explication la plus complète de l’œuvre de création de Dieu en dehors de la Genèse », à la faveur du langage poétique d’un psaume : l’eau, le soleil et la lune, la mer et les animaux marins, et même la nourriture ! Un tableau établit les similitudes et les différences entre le Psaume 104 et le premier chapitre de la Genèse. Mais le monde créé dans lequel nous vivons n’est pas que poésie, et l’auteur n’hésite pas à aborder la question troublante des tsunamis et des désastres « causés par le réchauffement de la planète », mais dans la perspective du croyant attaché à la révélation biblique.

Le langage de l’Ancien Testament n’échappe pas au contexte du Proche-Orient ancien et le lecteur curieux sera intéressé notamment par la mention de L’hymne à Aton (quatorze siècles avant Jésus-Christ !) et ses similitudes avec le texte biblique.

Cette dernière livraison 2015 de La Revue réformée nous invite aussi à réfléchir à cette question en titre d’une conférence du professeur Yannick Imbert : « Pouvons-nous encore défendre la foi à l’ère du dialogue interreligieux ? » Cet article paraît à son heure, une heure de coexistence difficile entre les religions et les croyances.

Le lecteur attentif appréciera le niveau intellectuel de qualité de La Revue réformée autant que le souci unanime de ses rédacteurs d’une mise en pratique du christianisme dans la réalité quotidienne. Belle publication que ce numéro de fin d’année ! Merci.