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12/03/2013

Un pape venu de Hongrie ?

Le conclave appelé à élire le nouveau souverain pontife se réunit dès ce mardi 12 mars 2013. Si tous les chrétiens ne suivront pas l’événement avec le même emballement ni ne lui accorderont la même importance, ils ne resteront toutefois pas indifférents, puisqu’il s’agit aussi de l’élection du chef d’un micro-Etat dont l’influence n’est pas anodine sur les affaires du monde.

 

Les secrets du conclave sont impénétrables et nul ne se hasardera au moindre pari. Depuis l’annonce du retrait de Benoît XVI, les spécialistes parlent et écrivent, et les portraits des papables font la une des journaux et alimentent la toile. Mais, ici, point de pronostic.

J’ai retenu un nom, par sympathie peut-être, par intérêt pour ce qui se passe à l’esterdo peter 2.jpg du continent européen assurément. Erdö Péter, archevêque d’Esztergom-Budapest, en Hongrie. Il est jeune, 60 ans. Sa vie est à l’image de ces personnalités dont le caractère a été forgé par l’oppression du socialisme à la sauce soviétique. J’ai à l’esprit quelques noms. Ils ne relèvent pas tous du clergé : Soljenitsyne, Sakharov et la courageuse Elena Bonner, Karol Wojtyla, Lech Walesa, et tant d’anonymes. Plus près de nous, le président de la République fédérale d’Allemagne, le pasteur Joachim Gauck ; son rêve d’être journaliste fut contrarié par le régime de Pankow.

Ambition brisée encore pour un autre citoyen de l’Est. Le père du cardinal Erdö, avocat, fut empêché d’exercer sa profession. Crime rédhibitoire, sa famille était croyante, et pratiquante. Son fils Péter, qui siège dès aujourd’hui à la chapelle Sixtine, a rendu ce bel hommage : « Mes parents avaient le choix entre la foi et la promotion sociale, ils ont choisi la foi. » La foi qui soulève les montagnes et fait tomber les murs.

21/02/2013

Liberté de conscience, partout et pour tous !

pastor-saeed-abedini-and-his-children.jpgA l’évidence, un droit fondamental et inhérent à la nature humaine, celui de croire et de pratiquer en toute liberté, est bafoué dans de nombreux pays. Un exemple. Un homme de 32 ans, né en Iran et naturalisé Américain, marié, père de deux enfants de 4 et 6 ans, a été arrêté au mois de septembre 2012 et condamné par le tribunal révolutionnaire de Téhéran, accusé qu’il est d’avoir porté atteinte à la sécurité de l’Etat. L’homme s’appelle Saeed Abedini. Musulman de naissance, il s’est converti au christianisme en l’an 2000. Devenu pasteur, il est très engagé, avec sa femme, dans le développement d’un réseau de communautés chrétiennes en Iran.

La liberté de conscience est pourtant un droit inaliénable. Il est de bon ton aujourd’hui, et à juste titre, de se référer à la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948 (avec l’abstention notable de l’Union soviétique, notamment). Certes, le caractère de cette déclaration n’est pas impératif, mais il y va de la conscience des Etats membres de l’organisation, dont l’Iran fait partie.

Son article 2 laisse songeur : « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. » Avec l’article 18, on rêve : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. »

Mais il faut croire aux bonnes volontés, les stimuler même. Il faut croire à la mission des Nations Unies. Ainsi, des experts indépendants de l’organisation viennent de demander aux autorités de Téhéran de mettre fin à la récente vague d’arrestations de journalistes et de relâcher ceux qui sont détenus. A Washington, 80 parlementaires du Congrès ont pressé le nouveau secrétaire d’Etat, John Kerry, d’intervenir en faveur du prisonnier des geôles iraniennes Saeed Abedini. Sans parler des réseaux sociaux, actifs et réactifs en la matière.

Liberté de pensée, de conscience et de religion. Partout, pour toutes et pour tous !