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13/01/2014

Pour la libre circulation… des idées !

La Corée du Nord célébrait, le 8 janvier, l’anniversaire de Kim Jong-un, petit-fils du Grand Dirigeant Professeur de toute l’humanité Kim Il-sung, fondateur du régime, et fils de Kim Jong-il, le regretté Cher Dirigeant décédé en 2011. Lors des festivités, Dennis Rodman, basketteur venu tout droit des Etats-Unis, y est allé de son petit couplet avec le célèbre « Happy Birthday to You, Mister President » et d’une étreinte affectueuse avec le leader de la Corée du Nord, hommage ému à la Nouvelle Conscience éclairée du monde… (J’extrapole, car le descendant de la dynastie dirigeante n’a pas encore reçu son nom de baptême révolutionnaire, tout au moins au stade actuel de mes connaissances de la politique nord-coréenne.)

Faut-il en rire ? Absolument pas. L’organisation non gouvernementale (ONG) Portes ouvertes vient de publier, précisément le 8 janvier 2014, l’index mondial de la persécution en 2013, lequel recense « les 50 pays où être chrétien coûte le plus », selon ses propres termes. En tête du peloton, la Corée du Nord, puis, au rythme du glas des libertés, viennent la Somalie, la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, les Maldives, le Pakistan, l’Iran, le Yémen, le Soudan, l’Erythrée, la Libye… et plus loin, notamment, la Centrafrique, l’Egypte, la Colombie, la Jordanie… plus loin encore, l’Inde, et la Tunisie, et l’Algérie, et le Mali, et la Chine, et le Maroc, et le Niger, au 50e rang.

Portes ouvertes fait preuve d’un réel souci d’objectivité, tant le champ de ses investigations est miné. Ses sources sont très variées, autant laïques que religieuses. Un certain nombre d’experts extérieurs à l’organisation sont consultés. Après vérification, les informations venues du terrain sont comparées à celles diffusées par la presse, les instituts de recherche et d’autres ONG.

L’index fait état de violences, de pressions morales et sociales dans la vie de tous les jours, d’atteintes à la liberté de pensée. Elles se manifestent par des assassinats (2123 en 2013), des faits violents contre la minorité chrétienne, des destructions d’églises et de bâtiments. Elles sont le fait de l’intégrisme, des seigneurs de guerre, de l’intolérance du laïcisme, du totalitarisme et, relève Portes ouvertes, de systèmes de corruption.

Dans un monde qui se veut sans frontières, où en est la liberté de circulation des idées ? Elle est pourtant garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de rechercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » (Article 19.) La déclaration poursuit en affirmant que « toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques ».

Durant l’année 2013, j’ai posté sur ce blog « Liberté de conscience, partout et pour tous ! », deux notes consacrées au pasteur Saeed Abedini, enfermé dans une geôle d’Iran. Malgré le coup de téléphone du président Obama à son homologue iranien pour plaider la cause du prisonnier, Saeed est toujours en prison. Au début des années 1970, l’administration Nixon inaugurait la diplomatie du ping-pong, prélude à la première visite d’un président américain en Chine populaire. Ce 8 janvier, les embrassades entre Kim Jong-un et Dennis Rodman inaugurent-elles la diplomatie du basket ? Ce serait le lever d’un coin de rideau pour un peuple, le peuple de Corée du Nord, et, tout bien considéré, l’année 2014 n’aurait pas si mal commencé.

http://citoyengenet.blog.tdg.ch/archive/2013/02/21/libert...

 

http://citoyengenet.blog.tdg.ch/archive/2013/09/29/libert...

29/09/2013

Liberté de conscience, partout et pour tous! (2)

Naghmeh-Saeed-Abedini.jpgLes deux pays ne se parlaient plus depuis plus de trente ans. Le dernier contact remontait au début de l’année 1979. Mohammad Reza Pahlavi s’apprêtait à quitter son trône et son pays quand il reçut un appel du président Jimmy Carter. Depuis, silence radio entre les deux nations, silence troublé par les bruits d’une révolution dramatique et les menaces des disciples des ayatollahs sur les voisins proches et lointains.

L’autre jour pourtant, ce vendredi 27 septembre 2013, Barak Obama décroche son combiné et appelle Hassan Rouhani, le nouveau président iranien, en route pour l’aéroport John Fitzgerald Kennedy (dit JFK), au terme d’une visite de quatre jours aux Nations Unies. Par politesse, Obama déplore les embouteillages des autoroutes new-yorkaises, manière de briser la glace. Bien lui en a pris, le contact est renoué avec l’héritier de l’Empire perse. Outre les convenances d’usage, comme chez tous les grands et les petits de ce monde, l'entretien tourne essentiellement autour du problème nucléaire.

Mais la conversation a ses détours… le cœur des rois est habile ! De son bureau de la Maison-Blanche, Barak Obama plaide pour la libération de Saeed Abedini, marié et père de deux enfants, pasteur iranien emprisonné depuis une année dans les geôles du régime de Téhéran. Au retour d’un voyage aux Etats-Unis, il fut arrêté et interrogé au sujet de sa conversion au christianisme. On connaît le résultat : prison et torture. La cause de deux autres citoyens américains emprisonnés en Iran a aussi été évoquée. Les déclarations officielles n’ont pas précisé comment la demande du président des Etats-Unis a été reçue par le voyageur oriental en limousine, ni quelle fut sa réponse.

Le 21 février 2013, une note a été publiée sur ce blog au sujet du pasteur Saeed Abedini :

http://citoyengenet.blog.tdg.ch/archive/2013/02/21/liberte-conscience-partout-et-pour-tous.html.

Aux Etats-Unis, des parlementaires ont défendu le prisonnier au plus haut niveau et le secrétaire d’Etat John Kerry l’a soutenu. Sa femme Naghmeh a exprimé sa reconnaissance au président Obama : « Cette évolution est vraiment une réponse à la prière. »

 

Les deux chefs d’Etat devaient se voir à New York, la rencontre n’a pas eu lieu. Mais, dans un embouteillage à proximité de l’aéroport JFK et à la faveur d’un coup de téléphone (cellulaire ?), un grand pas a peut-être été franchi dans la crise avec l’Iran et pour la libération d’un père de famille chrétien.

12/03/2013

Un pape venu de Hongrie ?

Le conclave appelé à élire le nouveau souverain pontife se réunit dès ce mardi 12 mars 2013. Si tous les chrétiens ne suivront pas l’événement avec le même emballement ni ne lui accorderont la même importance, ils ne resteront toutefois pas indifférents, puisqu’il s’agit aussi de l’élection du chef d’un micro-Etat dont l’influence n’est pas anodine sur les affaires du monde.

 

Les secrets du conclave sont impénétrables et nul ne se hasardera au moindre pari. Depuis l’annonce du retrait de Benoît XVI, les spécialistes parlent et écrivent, et les portraits des papables font la une des journaux et alimentent la toile. Mais, ici, point de pronostic.

J’ai retenu un nom, par sympathie peut-être, par intérêt pour ce qui se passe à l’esterdo peter 2.jpg du continent européen assurément. Erdö Péter, archevêque d’Esztergom-Budapest, en Hongrie. Il est jeune, 60 ans. Sa vie est à l’image de ces personnalités dont le caractère a été forgé par l’oppression du socialisme à la sauce soviétique. J’ai à l’esprit quelques noms. Ils ne relèvent pas tous du clergé : Soljenitsyne, Sakharov et la courageuse Elena Bonner, Karol Wojtyla, Lech Walesa, et tant d’anonymes. Plus près de nous, le président de la République fédérale d’Allemagne, le pasteur Joachim Gauck ; son rêve d’être journaliste fut contrarié par le régime de Pankow.

Ambition brisée encore pour un autre citoyen de l’Est. Le père du cardinal Erdö, avocat, fut empêché d’exercer sa profession. Crime rédhibitoire, sa famille était croyante, et pratiquante. Son fils Péter, qui siège dès aujourd’hui à la chapelle Sixtine, a rendu ce bel hommage : « Mes parents avaient le choix entre la foi et la promotion sociale, ils ont choisi la foi. » La foi qui soulève les montagnes et fait tomber les murs.