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09/02/2013

Un verre, ça va…

Ville de Genève, Conseil municipal, commission des financesGenève, heureuse cité ! Pourtant, notre Tribune a fait état d’un problème sérieux qui déchire nos élus : la commission des finances du délibératif de la Ville de Genève est privée de vin ! Ces parlementaires assidus de la commission se réunissent en fin de journée pour étudier les dépenses de la municipalité et ils ont droit à un (modeste) repas avant la reprise de leurs débats en soirée. Mais le président de ladite commission, dans un geste auguste, napoléonien même, a décidé : plus de vin ! Colère d’élus et perspective d’arbitrage. Saine mesure d’économie ? Garantie de sérénité et de calme pour y voir plus clair dans les finances de la Ville ?

 

J’ai en mémoire un reportage télévisé réalisé dans la capitale suédoise, Stockholm. A la pause de midi, le premier ministre et son gouvernement in corpore sont réunis autour d’une table garnie de sandwiches. Mais régime sec et frais, eau minérale ou, pour les amateurs, bière légère. Voilà comment déjeune le gouvernement de la nation, à l’unisson certainement des employés de l’administration. (La Suède ne nourrit pas forcément les privilèges.) La bouteille n’est-elle pas prohibée sur les lieux de travail, dans l’administration comme dans le secteur privé ? Choquant ? Absolument pas !

Mais laissons se jouer les arbitrages genevois ! S’il y va de la qualité du travail parlementaire, de la lucidité et de la créativité, écartons les flacons… ou buvons, mais genevois !

01/02/2013

Conducteurs TPG épiés. La bonne méthode ?

La méthode me résulve. Notre bon journal quotidien local nous annonce que les conducteurs des Transports publics genevois sont surveillés d’une bien curieuse manière. A l’appui de l’information, deux agents (« experts »), cachés derrière un arbre du parc des Bastions, dans le froid (les povres !), carnet et stylo en main, relèvent consciencieusement les faits et gestes des conducteurs lors d’une panne simulée… le feu de signalisation des trams sur la place de Neuve a été débranché. Malin.

 

Quelle belle méthode, digne de régimes que nous croyions défunts ! Les petits chefs (même pas, ils sont des collègues de la compagnie, quelle mentalité !) épient, cachés. Notre compagnie publique n’a-t-elle rien de mieux à faire ? Déjà que les conducteurs travaillent dans des conditions souvent épouvantables à cause de la circulation, des bouchons, des chantiers, des deux-roues doux ou motorisés, des incivilités d’automobilistes agressifs et irrespectueux des règles communes de la circulation et du fair-play, des piétons imprudents, des usagers irascibles, de la neige et des routes mal déblayées, et j’en passe, les voilà désormais épiés, harcelés par des gens dissimulés pour mieux sévir. Question méthode et psychologie, on ne fait pas mieux. Vive la motivation !

Je pense depuis longtemps que les agents de conduite de nos transports en commun mériteraient une prime substantielle de fin d’année. Le geste honorerait nos élus du Grand Conseil. A bon entendeur, salut !

28/01/2013

Pendant six jours, tu feras tous tes achats. Le septième, tu te reposeras

Les Chambres fédérales ont adopté une nouvelle loi, dont la paternité revient au conseiller national genevois Christian Lüscher, aux termes de laquelle les stations-service auront la liberté de vendre une gamme complète d’articles et des produits frais entre 1 heure et 5 heures du matin, ainsi que le dimanche. Une nouvelle brèche est ouverte dans une loi sur le commerce qui n’est pas toujours appliquée avec toute la rigueur voulue et un pas est franchi en direction d’une libéralisation généralisée des horaires pour tous les commerces, le soir et le dimanche. Inacceptable !

 

A tel point inacceptable qu’un référendum a été lancé par l’Alliance pour un dimanche sans travail, qui réunit, outre la gauche politique et les syndicats déjà attendus, des représentants des Eglises (protestantes et catholique), le parti évangélique suisse, la Société suisse de médecine du travail et la Ligue suisse des femmes catholiques. Toutes ces organisations ont jusqu’au 7 avril 2013 pour récolter les 50 000 signatures nécessaires pour l’organisation d’un scrutin populaire.

Des médecins sont engagés dans ce combat, car il y va de la santé du personnel de vente et de l’équilibre des familles, menacé par l’extension du travail nocturne. Les Eglises descendent dans l’arène, car il y va de l’équilibre de la personne humaine et de son épanouissement spirituel.

On prétend, bien sûr, que les temps ont changé, ce qui est l’évidence. On consomme autrement, d’accord. Mais je constate aussi que l’on travaille autrement ! Les horaires sont flexibles (en particulier dans notre Cité genevoise). Autour d’un pivot central d’heures, la journée peut commencer plus tard et se terminer plus tôt. Cet aménagement du temps dû à l’employeur laisse un espace de liberté pour « faire ses courses », ou simplement s’attarder dans les magasins.  

Vous me direz, et en soi vous n’avez pas tort, que cette libéralisation des heures d’ouverture des boutiques des stations-service est peu de chose. Mais il faut toujours prévoir le coup d’après ! Il ne serait pas impensable que certains milieux économiques aient d’autres cartouches dans leur sac. Une motion a été déposée au Conseil des Etats en vue de l’ouverture des magasins de 6 heures à 20 heures tous les jours de la semaine, avec un petit cadeau toutefois pour le samedi : fermeture à 19 heures…

Sur un plan tout à fait pratique, je me demande si ceux qui veulent absolument des magasins ouverts le dimanche ne seraient pas les derniers à s’y rendre. J’ai observé que les nocturnes genevoises n’attirent pas grand monde. Plusieurs commerçants n’ont jamais engagé leur boutique dans cette voie et ils n’ont sans doute pas à s’en plaindre. Pour le personnel de vente que j’ai côtoyé dans plusieurs magasins de la Cité, l’extension des horaires n’est absolument pas créatrice d’emplois.

Retenez bien cette date : le délai référendaire est fixé au 7 avril, dans dix semaines. Le temps presse !