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19/05/2014

Giscard à la barre

Il y a quarante ans jour pour jour, le 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing était élu président de la République française. A 20 heures, les « fourchettes » des instituts de sondages à la sortie des urnes, diffusées par les radios françaises, étaient incapables d'annoncer le nom du vainqueur de cette compétition électorale. VGE? Mitterrand? Je n'oublie pas ces minutes d’attente vécues à Abidjan au milieu d'une équipe de jeunes. Mais la confirmation ne tardera pas: Giscard est élu!

 

Une nouvelle page de l'histoire de France s’ouvrait. La modernité, une nouvelle classe de politiques, un style. Giscard à la barre. Un slogan, mais davantage encore.

 

L'autre samedi, une chaîne de télévision recevait VGE dans son journal du soir. L'homme, né en 1926, est toujours aussi clair, méthodique, brillant diront certains, la mémoire systématique et infaillible. Face à lui, la France du président dit normal a pris un sérieux coup de vieux.

27/04/2014

Un certain 27 avril

C’était un dimanche, comme aujourd’hui en 2014. Le grand homme avait demandé, une fois encore, l’avis de son peuple par la voie du référendum. Il l’avait déjà fait à de multiples reprises, notamment pour la révision constitutionnelle de 1962, qui devait permettre l’élection du chef de l’Etat par toutes les citoyennes et tous les citoyens. Il l’avait fait plus tôt, notamment pendant les heures sombres de la guerre d’Algérie, plus tôt encore pour lancer la Cinquième République. Pour de Gaulle, l’adhésion du pays était nécessaire. Ses mots sont gravés dans l’histoire de France : « Le vote franc et massif. » Mais aussi le risque : à défaut, « je cesserai d’exercer mes fonctions ». Le courage, depuis le 18 Juin, le risque, l’intégrité. Pas un jour de pouvoir pour la seule jouissance du pouvoir. D’autres, mais ils sont peu nombreux, ont mis l’intégrité du discours clair en premier. Il y eut Mendès France.

 

Ce dimanche 27 avril 1969, le peuple a répondu non à la régionalisation et à la réforme du Sénat proposées à ses suffrages. Mais a-t-il répondu à la bonne question ? Toujours est-il que de Gaulle n’a pas tergiversé, comme les politiques le font aujourd’hui sur les plateaux médiatiques les soirs d’élection, quand tout le monde a gagné. Non. Alors que les résultats diffusés par les radios ponctuent cette (triste) soirée, un communiqué tombe : lundi à midi (le lendemain déjà !), le chef de la France libre et chef de l’Etat aura quitté l’Elysée. Belle leçon. Il n’interviendra plus dans le jeu politique du pays. Il recevra quelques proches, André Malraux en particulier, qui donnera le ton et l’ambiance de ses conversations avec le Général dans Les Chênes qu’on abat. Charles de Gaulle consacrera les derniers mois de sa vie à boucler ses Mémoires.

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La France continue. La campagne électorale ouvre la route de l’Elysée au sage et prudent Georges Pompidou. Ce mois d’avril 1969, la sublime BB tourne Les femmes. Les hommes passent, les peuples demeurent.

03/03/2014

Non-cumul des mandats : l’exemple zurichois

Après avoir posté « Ils cumulent, mais où sont-ils ? » sur mon blog (http://citoyengenet.blog.tdg.ch/archive/2014/03/03/ils-cumulent-mais-ou-sont-ils-253635.html), le temps d’une petite descente dans les Rues-Basses, je reviens à la maison. La radio de notre Suisse romande diffuse une entrevue avec le conseiller national zurichois Filippo Leutenegger, en ce premier jour de la session de printemps des Chambres fédérales. Leutenegger vient d’être élu à l’exécutif de la ville de Zurich et, même s’il a perdu l’élection à la présidence de la ville, il annonce qu’il ne cumulera pas les mandats : il renonce à son mandat de parlementaire fédéral.

 

Journaliste, fondateur et animateur de l’émission politique « Arena » de la télévision alémanique, ce radical atypique (comme on l’a présenté), élu conseiller national en 2003, veut se consacrer entièrement au mandat que les électeurs de la première ville de Suisse viennent de lui confier. L’homme est expérimenté. Sans doute aurait-il pu assumer la charge de conseiller national et celle de magistrat municipal. Il a choisi le mandat que ses concitoyennes et concitoyens viennent de lui confier.

Il a sans doute fait le bon choix, fruit d’une expérience et d’une maturité qui ne sont plus à démontrer. Non-cumul des mandats, l’exemple vient-il de Zurich ?