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02/04/2016

Hans Dietrich Genscher est décédé

Il fut ministre des Affaires étrangères, vice-chancelier de Helmut Kohl. Né dans l'ex-Allemagne de l'Est, il a fait sa carrière politique à l'Ouest, à la tête du petit parti libéral (FDP). Hans Dietrich Genscher est décédé, à l'âge de 89 ans. Il fut l'artisan subtil et d'une rare intelligence d'une politique qui a conduit à la chute du mur de Berlin. Un pilier de la démocratie fédérale allemande, un de ces hommes d'Etat comme il en manque tant sur la scène médiatique européenne du début de ce XXIe siècle. Une mémoire à saluer avec un profond respect.

22/11/2015

Helmut et Angela

Le 22 novembre 2005, après les longues négociations qui ont suivi les élections 1 angela.JPGlégislatives du mois de septembre en vue de la formation du nouveau gouvernement, le Bundestag élit Angela Merkel chancelière. Une première, une femme à la tête de la Kanzlerdemokratie, en référence au système politique allemand où le chancelier est le véritable chef d’orchestre du système politique et où le président fédéral et chef de l’Etat exerce davantage une autorité morale que politique !

Lundi 23 novembre 2015, la République fédérale d’Allemagne rendra un hommage national à l’ancien chancelier Helmut Schmidt en l’église Sankt Michaelis de Hambourg, en présence de 2000 personnalités du monde entier. Ce mois de novembre nous offre une belle occasion de saluer deux personnalités marquantes de la politique allemande ‒ et européenne ‒, en même temps que de rappeler les vingt-cinq ans de la réunification de notre grand voisin. Rappelons au passage une autre date marquante de l’histoire du pays, un certain 9 novembre 1989, avec la chute du mur de Berlin.

Angela, Helmut, deux géants, deux adeptes de la politique de la réalité, bâtie à partir de faits concrets et non d’idéologies. On se souvient du mot de De Gaulle : « Il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ! » Le Général mettra en œuvre la réconciliation franco-allemande avec son ami Konrad Adenauer et rien n’interdit de penser aujourd’hui que cette réconciliation était une première pierre dans le jardin de la réunification de 1990.

De sens des réalités, Angela Merkel, à qui les électeurs n’ont pas donné une majorité absolue avec ses alliés libéraux, en fait preuve quand elle prend en 2005 la tête d’une Grosse Koalition avec les sociaux-démocrates de Gerard Schröder, qui viennent de perdre le pouvoir. En 2009, les chrétiens-démocrates de la chancelière obtiennent la majorité absolue avec leurs alliés libéraux, mais ces derniers s’effondrent aux élections de 2013 et Angela Merkel est contrainte à une nouvelle coalition avec les sociaux-démocrates.

Angela Merkel a été qualifiée de meilleure chancelière du parti social-démocrate... tant elle a su faire preuve d’habileté à la tête du gouvernement. A vrai dire, sa formation scientifique permet à la fille venue de l’Allemagne de l’Est d’aborder les questions sans a priori. Son approche est réaliste, même si elle est dépourvue de vision, à entendre ses détracteurs.

La politique des réalités, c’est aussi la marque distinctive du défunt chancelier Helmut Schmidt, homme du Nord, hanséatique, protestant, proche du monde anglo-saxon. Après la Seconde Guerre mondiale, il fera un séjour aux Etats-Unis, chez des membres de sa famille. Il faillit ne pas revenir dans son pays natal, mais l’attrait du Grand Ouest ne fut pas suffisamment fort. Merci pour l’Allemagne, qui gagna un homme d’Etat !

Schmidt passa pour le meilleur chancelier chrétien-démocrate dans les années 1970… Une sorte de destin croisé avec Angela, mais pas étonnant de la part d’un  héritier du congrès de Bad Godesberg de 1959, quand la gauche allemande dit alors adieu au marxisme et adopta des références au christianisme et à l’héritage humaniste !

 Lors de la campagne électorale de 2005, Angela Merkel fut qualifiée de dame de Fer. Toutefois, et avec un recul de quelques années, la comparaison avec Margaret Thatcher est difficile à soutenir. Si la femme premier ministre britannique s’est enfermée dans ses certitudes et rigidifiée au fil de ses années de pouvoir, Merkel, elle, paraît beaucoup plus évolutive. Preuve en est sans doute ses déclarations en faveur de l’arrivée massive de migrants dans son pays, qui suscitent beaucoup d’incompréhension chez les Allemands et lui font courir un risque certain chez ses amis chrétiens-démocrates et chrétiens-sociaux de Bavière (CDU-CSU).

Angela Merkel dame de Fer ? Femme de conviction plutôt, selon le journaliste allemand Volker Resing, auteur du livre Angela Merkel. Une femme de conviction. Fille de pasteur, elle a baigné depuis sa tendre enfance dans les valeurs du protestantisme, quand son père emmena sa famille de l’Allemagne de l’Ouest à l’Est. Mais, chez Angela, il s’agit de plus qu’une ambiance familiale. Sa vie est animée par une foi personnelle profonde, mais discrète tout à la fois, ce qui est sans doute un gage de sérieux. A Volker Resing qui lui demande pourquoi elle ne révèle pas davantage le quotidien de sa vie de foi, elle répond sans fioritures : « Cela tient sûrement au fait que la plupart des gens me connaissent principalement dans le cadre de mon travail. » Plus Merkel, on ne fait pas.

L’histoire doit sans doute retenir que le caractère des hommes et des femmes d’Etat doit beaucoup à leur histoire personnelle, à ce qui les a construits. La chancelière est femme de conviction (j’aime le singulier du terme, qui met en évidence la force et la permanence du comportement, plus que les convictions, idées appelées à varier par la nature des choses).

Cette fin novembre 2015 met en lumière deux grandes figures de ces dernières décennies, un sage respectable, Helmut Schmidt, et une femme de droiture et de conviction, Angela Merkel. Ils nous ont prouvé que la politique n’est pas (que) du spectacle. Merci.  

Angela Merkel. Une femme de conviction,
Volker Resing, Editions Empreinte, 2010

10/11/2015

Helmut Schmidt

J'apprends à l'instant la mort de l'ancien chancelier fédéral allemand Helmut Schmidt. Je suis triste. Je l'estimais au plus haut point.

J'y reviendrai.