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06/08/2013

« The Washington Post » : un goût de mois d’août

Jeff Bezos, le fondateur et patron de la grande librairie mondiale en ligne Amazon, vient de s’offrir un cadeau impérial de 250 millions de dollars : The Washington Post. Chapeau, mais l’homme d’affaires est tout de même à la tête de la dix-neuvième fortune mondiale, selon le magazine Forbes !

 

En 1933, Eugen Isaac Meyer, banquier de son état, participe à une vente au cours de laquelle un journal en faillite est mis aux enchères : The Washington Post. Meyer n’est pas homme de presse (il sera le premier président de la Banque mondiale, nommé par Harry Truman), mais excellent gestionnaire. Le canard boiteux est relancé. Quatre-vingts ans durant, il sera la propriété de quatre générations de la famille Graham, les descendants de Meyer. Le journal ne sera pas sans influence sur la vie politique et intellectuelle de la Ville fédérale américaine.

Signe des temps et du village médiatique globalisé, deux autres publications américaines changent de propriétaire ces derniers jours, Newsweek, repris par IBT Media, et le célèbre Boston Globe, vendu au principal actionnaire des Red Sox, un club de base-ball. Le sport mène à tout, encore faut-il pouvoir en sortir.

Jeff Bezos, le nouveau maître du Washington Post, est clair : changements il y aura. Le nouveau boss veut « inventer », donc « expérimenter ». C’est la cruelle adaptation au monde en perpétuelle évolution de l’internet. Personne ne niera la nécessité de cette adaptation, mais gageons que les « expériences » ne seront pas trop douloureuses.

Passionné d’histoire américaine, cette vente du Washington Post me ramène une quarantaine d’années plus tôt. Bob Woodward (incarné au cinéma par Robert Redford dans Les hommes du président) et Carl Bernstein, les deux vedettes du Post des années 1970, écrivaient le feuilleton du Watergate. Leurs investigations persévérantes autour de cette sombre affaire conduiront à l’événement jusqu’à ce jour unique dans l’histoire des Etats-Unis, la démission d’un président.

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Le 8 août 1974 au soir, dans un discours télévisé dramatique, Richard Nixon annonçait son départ de la Maison-Blanche. Le lendemain 9 août à midi, il saluait le personnel de la présidence (le geste très nixonien : les deux bras levés, index et majeurs tendus) et montait dans l’hélicoptère qui le ramenait en Californie. Il y a trente-neuf ans presque jour pour jour. Petit signal de l’histoire ?




(Photo Nixon Library.)

26/02/2013

Le docteur Everett Koop est décédé

Le Dr Everett Koop, pour qui la foi chrétienne était indissociable de son travail de scientifique, est décédé ce lundi 25 février au bel âge de 96 ans. La renommée de ce médecin pédiatre américain date des années 1980, quand le président Ronald Reagan le nomma Surgeon General des Etats-Unis, en quelque sorte le « superministre » de la Santé.

La nouvelle passerait inaperçue en Europe si le Dr Koop ne s’était illustré sur les questions de l’avortement et de l’euthanasie. Avec le théologien américain d’origine allemande Francis Schaeffer, Koop a développé ces thèmes dans plusieurs livres et films. Pour lui, son travail de médecin avait de profondes implications éthiques, pour la défense de la vie des plus faibles.

Il convenait, simplement et en toute modestie, de rendre hommage à cet homme qui a consacré sa vie à la santé des plus petits.

11/01/2013

L'étonnant Mr. Lew

 

Direction des ressources humaines, à l’heure du dépouillement du courrier. Le curriculum du candidat est élogieux, mais la signature laisse songeur… 

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Juriste, docteur en droit, il gravite depuis les années Reagan dans les allées du pouvoir de la Ville fédérale américaine, mais dans le sillage du speaker de la Chambre des représentants, le colosse démocrate Tip O’Neill. Il côtoie le monde de la banque et de la finance à New York, avant de revenir à Washington pour servir dans les administrations Clinton et Obama. Cette semaine, il a été nommé secrétaire au Trésor pour le second mandat de Barak Obama.

Qui est-il ? C’est la devinette de la semaine pour nous Européens. Ni trait ni point dans le paraphe pour évoquer la moindre lettre, et moins encore une esquisse de nom. Pourtant, le tortillard a traversé tous les continents à la vitesse de la lumière internet. C’est Mr. Jacob J. Lew ! Il ne manque certainement pas de qualités, ce monsieur, paraît-il distingué et secret (on l’aurait deviné !).

Avance-t-il camouflé dans la guerre économique et financière qui se profile ? Le monde de la finance, de nos jours surtout, n’est pas celui où la lampe est mise sur le boisseau. Que nous cache l’étonnant Mr. Lew ? La Suisse, qui a connu et connaît encore maintes tribulations avec la place financière américaine (et pas seulement) depuis bien des années doit-elle avoir peur ? Puisse Mr. Lew nous décevoir en bien (comme on dit outre-Versoix) !

Oserions-nous proposer un modèle (et une politique) à Mr. Lew ? Ne soyons pas présomptueux, mais l’illustre président Jefferson avait nommé secrétaire au Trésor un ressortissant genevois, Albert Gallatin. Or, Gallatin peut légitimement faire rêver tous les ministres des finances du monde : il a équilibré le budget… sans augmenter les impôts.

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Alors, Monsieur le secrétaire au Trésor Lew, osez regarder vers Albert Gallatin, votre excellent prédécesseur venu de Genève !