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12/09/2014

Coupe Davis, c'est bien parti pour la Suisse!

Le soupir de soulagement de Stan, quelques secondes après avoir marqué le deuxième point pour la Suisse face à l'Italie, à la demi-finale de la Coupe Davis. En début d'après-midi, Federer avait déjà gagné le premier match. Plus de 18000 personnes au Palexpo de Genève!

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30/01/2014

Appeler une chose par son nom

Il est de bon ton, dans la presse de Suisse romande, de donner à nos politiques des titres qui ne sont pas les leurs. J’ai sous les yeux un excellent papier publié par la Tribune de Genève consacré à une rencontre de trois jours de parlementaires français avec des élus suisses, dans le cadre du Forum de Davos. La délégation était emmenée par Claudine Schmid, représentante des Français de l’étranger pour la circonscription dont fait notamment partie la Suisse. L’article mentionne les noms de députés à l’Assemblée nationale et cite, parmi la délégation helvétique, « la sénatrice Anne Seydoux (PDC/JU) ». J’ai dû relire la phrase… Sénatrice du Jura français ? Non, Mme Seydoux est conseillère aux Etats du canton du Jura, en Suisse ! Vous me direz, et vous n’avez sans doute pas tort, que la fonction est équivalente.

 

Toutefois, à y regarder de plus près, les compétences du Sénat qui se réunit aux Palais du Luxembourg ne sont pas les mêmes que celles du Conseil des Etats, notre Chambre haute où siègent deux représentants par canton confédéré. Pour faire court, le Sénat français a moins de pouvoirs que l’Assemblée nationale, en ce sens qu’il ne peut pas renverser le gouvernement par la procédure de la motion de censure. Si l’Assemblée nationale refuse un texte, le gouvernement tombe ; si le Sénat est en désaccord avec le gouvernement, celui-ci reste. S’engagent alors des procédures parlementaires qui peuvent être relativement longues.

On l’a compris, il n’en est pas de même entre les deux Chambres de notre Assemblée fédérale. Si leur fonctionnement interne est différent, leurs pouvoirs sont identiques. Un conseiller aux Etats a donc les mêmes compétences qu’un conseiller national. N’est-il pas un peu réducteur d’appeler sénateurs les représentants des cantons au Palais fédéral ? On peut penser à une similitude avec le Congrès américain, mais, là non plus, les pouvoirs du Sénat et de la Chambre des représentants ne sont pas tout à fait identiques.

Admettons-le, sénateur fait mieux que conseiller aux Etats… Vraiment ? Le peuple suisse a accepté une révision de la Constitution fédérale le 18 avril 1999. Les experts qui ont travaillé aux « retouches » constitutionnelles auraient très bien pu adapter le vocabulaire, rebaptiser la Chambre haute Sénat, introduire des ministres pour remplacer les conseillers fédéraux… Ils ne l’ont pas fait.

Dans nos cantons, on préfère ministre des Finances, ou de la Sécurité, à conseiller d’Etat chef du Département des finances, ou de la Sécurité… Même aux Etats-Unis, le gouvernement n’est pas constitué de ministres, mais de secrétaires ! Les Jurassiens, à l’heure de l’autonomie cantonale, dans les années 1970, ont été conséquents. Proches de la France, ils ont donné le titre de ministres à leurs magistrats et la Constitution appelle Gouvernement leur exécutif cantonal. Mais on lit toujours sur les plaques des bâtiments des « ministères » l’intitulé « Département ». On reste Suisses !

Petit détour dans nos communes. Allez à Lausanne et donnez du « Monsieur le maire » à l’hôte de la Palud… Surtout pas ! Le titre de syndic va si bien à Daniel Brélaz, ne l’en privons pas ! Un Vaudois (jeune), me disait : « Maire, ça fait français… » Ajoutons : et genevois, et jurassien… Entre amis, nous parlions de la fusion de communes en Valais. Ma voisine du Haut-Plateau s’exclame : « Pas possible, ils veulent tous être le président ! » Il est des usages qu’il faut respecter. Ils sont la respiration d’un peuple.

Je vous recommande un bel ouvrage, le Dictionnaire suisse romand, publié par les Editions Zoé en 1997. Il recense des particularités lexicales romandes, autrement dit des termes bien de chez nous. Des termes civiques, par exemple assemblée primaire… combourgeois… conseil administratif… conseiller ou conseillère aux Etats… Grand Conseil… syndicature… Plus de 800 pages de découvertes, pour appeler les gens et les choses par leur nom !

Des termes savoureux, aussi : « Je viens de couper le pain, il est tout frais. Qui veut le crotchon ? » C’était l’entame du pain (voire du saucisson !) pour vous mettre en appétit.

 

 

26/01/2014

Oui, Stan pouvait gagner !

SANY0017.JPGDimanche 26 janvier 2014, début de matinée sur France-Info : « Le Suisse Wawrinka ne peut pas gagner contre Nadal… » Le ton du journaliste était définitif, sans appel. Il savait et il avait déjà fait le match.

 

Le match fut haletant, un de ces grands moments de tennis qui tient en haleine tout un peuple, et davantage encore. Le départ en conquérant du Vaudois, les premières grimaces de Nadal, le soigneur et de longues minutes au vestiaire. « Il faudra bien qu’on nous explique », se hasarde le commentateur du journal de la télévision romande au 12:45. Un sursaut du Majorquin, une déstabilisation momentanée de Stan et, enfin, le quatrième set. Il l’a fait ! Ovation prolongée.

Et pourquoi Wawrinka ne pouvait-il pas gagner ? Les commentateurs parisiens devront cesser leur petit jeu de décideurs du sport. Marre de cette arrogance hexagonale, de ce mépris du pays voisin et ami, de cette suffisance. Avec ma femme, nous faisons partie de ceux qui le suivent et qui pensaient qu’il pouvait gagner. Pas parce qu’il est Suisse, mais parce qu’il a fait un véritable travail d’Helvète sur lui-même depuis une année. J’ai suivi les compétitions de Melbourne 2014 ; j’ai vu son parcours et de quelle manière il a éliminé les meilleurs. Il est rare que le sport m’émeuve, mais, ce matin, Stan m’a ému. Son jeu était sublime, malgré les accrocs du crazy match. J’ai partagé la joie de sa famille, de ses entraîneurs, la joie de milliers de fans. J’ai partagé les larmes du vainqueur, humble, égal à lui-même. « Je ne sais pas si je rêve… je verrai demain matin », dit-il, l’émotion à peine contenue, avant de brandir le trophée si mérité.

 

Les radios françaises peuvent baisser le son et cesser de faire la loi avant le jeu. Henri Leconte, lui, l’ancienne gloire du tennis de France, a vu juste : « Wawrinka peut gagner ! » Il a gagné. Bravo le Vaudois ! Merci Stan !

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