11 9 1950 citoyen jmg

21/12/2018

Guy Parmelin et l'anglais

Le New York Times semble ironiser sur les connaissances de la langue anglaise du conseiller fédéral Guy Parmelin. Certes, la langue de Shakespeare ne coule peut-être pas avec beaucoup d’aisance dans les propos du nouveau chef du Département fédéral de l’économie, et les réseaux sociaux de chez nous se sont (malicieusement) emballés à ce sujet. Le quotidien new-yorkais, fleuron de la presse nord-américaine, décrète que la pratique courante de l’anglais s’impose parmi les hommes d’Etat. Personne ne soutiendra le contraire.

Karin Keller-Sutter aurait sans doute représenté avec davantage d’élégance et de classe la Suisse dans les conférences internationales (voyez le Forum économique mondial de Davos). Sa profession de traductrice et ses réseaux lui auraient permis de naviguer avec aisance dans ce ministère phare, notamment en matière de formation et de recherche, mais les mystères de la politique en ont décidé autrement… Le propos de ces lignes n’est pas de décourager l’apprentissage et la pratique nécessaire de l’anglais dans un monde multipolaire et notre conseiller fédéral vaudois peut (et doit) améliorer sa connaissance des langues, comme nous tous au demeurant.

L’histoire montre que les plus grandes négociations ont vu des interprètes assis entre les partenaires en discussion. Richard Nixon parlait-il chinois ? Non. Pourtant, sa rencontre historique de février 1972 avec les dirigeants du grand empire communiste est à l’origine d’une avancée spectaculaire dans la recherche de l’équilibre multipolaire. On pourrait multiplier les exemples.

Une question, enfin. Combien de ministres américains (secrétaires d’Etat pour leur attribuer leur juste titre) sont-ils à l’aise dans la langue de Voltaire, en notre temps comme dans le passé ? On en compte quelques-uns (John Kerry par exemple), mais ils sont peu – trop peu – nombreux et ce constat interdit à la presse de la côte Est de donner des leçons au monde francophone. Un peu de modestie, s’il vous plaît !