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27/09/2017

Christianisme dans l’espace public

La dernière livraison de La Revue réformée nous offre une belle réflexion sur l’engagement chrétien dans la société : « Le témoignage dans l’espace public ». Elle est due à James W. Skillen, cofondateur, ancien directeur exécutif puis président du Center for Public Justice de Washington DC, un organisme indépendant et non partisan qui se consacre à la recherche politique et à l’éducation civique dans une perspective chrétienne globale. Théologien et philosophe, docteur en sciences politiques (il a notamment étudié à l’Université libre d’Amsterdam), Skillen est un auteur prolifique.

Dans son essai publié par La Revue réformée d’Aix-en-Provence, James W. Skillen met l’accent sur deux principes de justice qui engagent gouvernements et citoyens. Le premier est le pluralisme structurel, lequel requiert un ordre politique juste dans les différentes sphères de la création et la protection des individus dans leur engagement au sein d’organisations variées. Dieu a donné à ses créatures « un large éventail de responsabilités ». Si le mariage engendre enfants et familles, « il entraîne l’éducation, la formation, le discours créatif et imaginatif qui implique une large participation de toutes les créatures ». A partir de là, notre auteur évoque le travail de la ferme et des champs, la nourriture et le goût de l’art culinaire, l’enseignement de la jeunesse qui nécessite écoles, universités et centres de recherche, les artistes et leurs instruments de musique. Voilà une belle vision globale de l’existence !

Le second principe est le pluralisme confessionnel, « fondé sur l’amour miséricordieux et la patience gracieuse de Dieu face à la désobéissance des humains ». Skillen estime que la parabole du bon grain et de l’ivraie est la plus claire des évangiles pour décrire le mystère de la miséricorde de Dieu. « Elle concerne le monde entier, monde dans lequel le Maître a permis de répandre la bonne semence », ce qui n’empêche pas les mauvaises herbes de pousser avec les bonnes plantes… Mais l’arrachage aura lieu à la fin des temps, et non maintenant et par nous. Dieu est un Dieu de patience et de miséricorde. Il donne la pluie et fait briller le soleil sur le juste comme sur l’injuste. Cette perspective implique un ordre politique juste et l’égalité de tous les citoyens. « Le droit civil et le droit pénal doivent s’appliquer également à chacun ; les citoyens qui professent la foi en Christ doivent être traités ni mieux ni plus mal que les autres citoyens », écrit James Skillen.

La mission du gouvernement et des politiques devrait-elle se limiter à la retenue du mal dans la société ? Certes non, « elle s’étend à l’administration et à la coordination des activités de la société afin de maintenir un espace de vie sain et juste pour chaque citoyen dans la diversité des responsabilités non gouvernementales et pour le bien de la communauté politique elle-même », répond Skillen. Pour lui, la bonne gouvernance exige de « peser les qualifications de la personne qui aspire aux charges publiques et d’évaluer si les lois sont justes ou injustes ». Ainsi en va-t-il de la gestion d’une université, d’une société commerciale, d’une banque internationale, bref, de toute les sphères de l’activité humaine, de l’éducation à l’entretien des infrastructures et réseaux énergétiques, jusqu’au développement des talents et de l’économie.

Gouverner, un art… et un appel. L’appel de Jésus à prendre au sérieux « la pratique de la justice, ce qui implique d’apprendre à distinguer le bien du mal dans toutes les sphères de nos responsabilités », pour reprendre les mots de Skillen. On ne pourra que recommander cet article de La Revue réformée de juillet 2017. Avec sa perspective globale sur le témoignage dans l’espace public, il est source d’inspiration personnelle pour qui réfléchit à l’engagement chrétien dans la société et – pourquoi pas ? – pour conduire une réflexion de groupe.

Editée par la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, La Revue réformée du mois de juillet 2017 (no 283) contient cinq autres articles : Paul Wells, « La liberté de conscience, la Réforme et l’avènement du sécularisme » ; Gert Kwakkel, « Le désespoir d’Elie et la thérapie de Dieu en 1 Rois 19.1-8 » ; Stéphane Lauzet, « Mais moi je vous dis, aimez vos ennemis… » ; Yannick Imbert, « Nécessité d’une réflexion théologique sur la paternité intellectuelle » ; Yannick Imbert, « Recension » du livre de William Edgar Created and Creating. A Biblical Theology of Culture.

Commentaires

Si on fait un audit sur les religions pour voir lesquelles sont les plus à même d'avoir un impact positif sur la société il en une qui qui est largement devant les autres et une une qui a des problèmes avec toutes les autres. Tout le reste c'est de l'intox pour mieux nous faire croire qu'une société évoluée peut se satisfaire de règles moyenâgeuses.

Écrit par : NORBERT MAENDLY | 27/09/2017

Skillen mentionne deux principes de justice, le pluralisme structurel et le pluralisme confessionnel. Ce dernier est fondé sur la patience et la miséricorde de Dieu, qui englobe toutes les créatures et toutes les sphères de l'activité humaine. Il implique qu'il ne revient pas à l'homme de séparer le bon grain de l'ivraie... nous sommes dans le temps de la patience miséricordieuse de Dieu. Merci pour votre réaction!

Écrit par : Jean-Marc Genet | 28/09/2017

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