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20/04/2016

Couleurs de printemps

jacinthe.JPGC'était un modeste petit pot de jacinthes acheté au Brassus (vallée de Joux), il y a une quinzaine d'années, à l'occasion d'un séminaire de ressources humaines de mon entreprise. Les fleurs ont été transplantées sur la pelouse devant notre terrasse du Haut-Plateau valaisan. Elles ont connu les chaleurs du Vieux-Pays, les orages et leurs pluies, le froid, le gel et la neige. Elles ont résisté à la tondeuse à gazon. Elles ont essaimé. Nous les retrouvons chaque printemps, plus belles et colorées. Beauté de la création.

07/04/2016

Matthieu Richelle, la laïcité heureuse

matthieu richelle.jpgProfesseur d’Ancien Testament à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, chercheur et chargé de conférences à l’Ecole pratique des hautes études, Matthieu Richelle vit avec les langues anciennes du monde sémitique. Sa passion : mettre en relation les inscriptions découvertes lors de fouilles archéologiques avec les sources bibliques.

Mais, avant la théologie et l’épigraphie, Richelle fut professeur de mathématiques, puis il partit à Jérusalem, à l’École biblique et archéologique française. Aujourd’hui, face à ses étudiants de l’Ecole pratique des hautes études de Paris, sa démarche est avant tout scientifique. Dans une interview publiée cette semaine par l’excellent hebdomadaire Réforme, il dit simplement : « Je suis le représentant de l’Etat, je ne mets pas mes convictions en avant. J’utilise les arguments scientifiques. Le texte peut résonner en eux s’ils ont des convictions religieuses. C’est une laïcité heureuse. » Pourtant, le scientifique est homme de conviction. « Evangélique, mais protestant avant tout », poursuit-il sereinement.

Matthieu Richelle sera l’un des invités de l’émission « Présence protestante » diffusée ce dimanche 10 avril 2016, à 10 heures, par France 2. De quoi parlera-t-il ? De la figure d’Adam. En toute connaissance de cause, assurément… un de ses livres est précisément consacré aux onze premiers chapitres de la Genèse, donc à nos origines à toutes et à tous ! L’enseignant ne craint pas de confronter ses convictions bibliques aux résultats de recherches qui peuvent désarçonner. Chercheur, il sait évacuer les préjugés. Mais cette vocation d’érudit et d’enseignant, non seulement dans une faculté libre mais dans un établissement d’enseignement supérieur d’Etat, a de quoi réjouir quiconque porte intérêt aux sources universelles de l’humanité. Vous l’avez dit : laïcité heureuse.

04/04/2016

Georges Pompidou, lettres et poésie

anthol 2.JPGLa politique ne fut pas toute la vie du président Pompidou. Le couple présidentiel amoureux des arts et de la peinture, l’ameublement avant-gardiste des appartements privés de l’Elysée, le projet Beaubourg devenu Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, autant d’images qui témoignent de la véritable profondeur de l’homme d’Etat trop tôt décédé le 2 avril 1974. La politique fut-elle un accident de parcours dans la vie déjà riche et prometteuse du jeune professeur de lettres ? Il n’avait certes pas programmé de carrière à ce niveau, mais la proximité du général de Gaulle après la guerre (« Trouvez-moi un normalien qui sache écrire ! »), l’autorité dont il fit preuve au poste de premier ministre après le drame algérien et pendant les heures tourmentées de Mai 68 ont scellé un destin. Evidence incontournable, Pompidou sera président !

Je parcours ce matin les rayons de ma bibliothèque et je retrouve son « Anthologie de la Poésie française », qu’il publia au début des années 1960. Les lettres et la poésie en particulier furent pour lui une ressource et une inspiration. Elles ont donné à l’homme de Montboudif, fils de paysan devenu professeur puis banquier, une dimension culturelle et une sensibilité humaine inégalée dans le Panthéon des républiques françaises. Lors de sa conférence de presse de septembre 1969, n’ira-t-il pas jusqu’à citer quelques vers d’Eluard en réponse à la question d’un journaliste qui l’interrogeait sur la dramatique affaire Russier ?

« Comprenne qui voudra
»Moi mon remords ce fut
»[…]
»La victime raisonnable
»[…]
»Au regard d’enfant perdue
»[…]
»Celle qui ressemble aux morts
»Qui sont morts pour être aimés »

Je relis quelques lignes de l’introduction de son « Anthologie de la Poésie française » : « Qu’est-ce donc que la poésie ? Bien savant qui le dira. Qu’est-ce que l’âme ? On peut constater chez un homme toutes les manifestations de la vie, les analyser et les décrire ; on peut ‒ nous l’avons tous fait au collège ‒ analyser un poème, étudier composition, vocabulaire, rythme, rime, harmonie. Tout cela est à la poésie ce qu’un cœur qui bat est à l’âme. Une manifestation extérieure, non une explication, encore moins une définition. Si donc je voulais m’approcher davantage d’une définition de la poésie, je la chercherais plutôt dans ses effets. Lorsqu’un poème, ou simplement un vers provoque chez le lecteur une sorte de choc, le tire hors de lui-même, le jetant dans le rêve, ou au contraire le contraint à descendre en lui plus profondément jusqu’à le confronter avec l’être et le destin, à ces signes se reconnaît la réussite poétique. »

Le livre est offert ‒ dédicacé ‒ « à Claude », son épouse. C’est tout dire de l'univers de l’homme Pompidou.