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24/02/2016

Touche pas à mon accent!

circonflexe 1.JPGBalade à deux, ce lundi matin, dans une ville de Suisse romande. Douceur printanière, atmosphère détendue. La plupart des boutiques sont encore fermées, charme d’un fédéralisme où chaque canton organise la vie de ces citoyens sans attendre des directives ministérielles « descendues » de la capitale. Fin de matinée, les cours sont suspendus et les étudiants sortent des collèges, frites, burgers et gobelets de soda à la main. La ville est universitaire, on y vient de loin pour acquérir le savoir. Le passant entend de l’allemand, Hochdeutsch susurré.

Une vitrine affiche, en belles lettres capitales : « COIFFURE TÊTE NOIRE ». Dans mon esprit flotte depuis quelques jours les rumeurs de la guerre de l’accent circonflexe. Guerre civile. Guerre de civilisation pour d’aucuns. Dans un souci d’apaisement, j’image TÊTE sans l’accent circonflexe. Arraché, guillotiné par le bourreau de l’orthographe révolutionnaire. Je pense au passant, qui lit : « COIFFURE TETE NOIRE ». TETE ? Un acronyme pour résumer une raison sociale ? Ou encore… Je n’ose écrire ici ce qui me vient à l’esprit et que je ne peux m’empêcher d’exprimer alors à haute voix…

Une simple balade dans une charmante cité romande réveille en moi le désir de défendre la langue, la belle langue, le français. Touche pas à mon accent, qu’il soit aigu, grave ou circonflexe ! Si l’écriture ne vise plus à être compris, autant revenir à la tradition orale. Mais, dites-moi, comment prononcer « coiffure tete noire » ? De quoi cogiter encore chez les experts et dans les cabinets ministériels parisiens (comme si  la langue, c’était Paris). Merci, l’Académie !

(photoG)

07/02/2016

Service TGV pour Stan

blog 1.JPGOn connaissait la Coupe Davis à Palexpo, l’Open de Genève aux Eaux-Vives. Depuis vendredi 5 février 2016, on a le championnat de ping-pong Lyria de Cornavin. Vous n’en avez pas entendu parler ? Dommage pour vous, car l’invitation était tout public pour assister à cette compétition avec un champion helvétique de renom, Stan Wawrinka. Notre Stan national affrontait, sur une très minitable de ping-pong, six jeunes lauréats d’un concours dans le hall historique de la gare de Cornavin de Genève. Sérieux ?

Oui, sérieux. Petit historique de ce « championnat » sympathique, qui a attiré vendredi, sur le coup de midi, un public nombreux, toutes générations confondues, sans parler des enfants (et pas seulement, croyez-moi !) extatiques devant le numéro 4 mondial du tennis professionnel jouant d’une petite raquette, ni des voyageurs pressés et chargés de bagages, étonnés devant un tel spectacle dans une grande gare. Avec, bien sûr, le juge de chaise au micro, tablette électronique en main, les phrases courtes mais décisives : « Balle trop longue, Wawrinka… » Pas habituel, bien sûr, dans ce  lieu et à cette heure de pointe. Mais tellement agréable, un de ces moments de franche amitié entre gens qui ne se connaissaient qu’à la faveur des réseaux sociaux et qui sympathisent en se reconnaissant.

Roland-Garros, 7 juin 2015. Dans ce tournoi parisien du grand chelem, balle de match et le géant Djokovic est terrassé… L’incroyable est fait, notre Vaudois a gagné ! Une idée naît alors dans l’esprit des dirigeants de la compagnie Lyria, société d’exploitation des trains à grande vitesse (TGV) franco-suisses : demander à Wawrinka d’être l’ambassadeur de TGV Lyria. Stan, la volonté, la précision, la persévérance, la recherche de l’exploit, comme le relevait un communiqué de la compagnie. « Malgré ses succès, il a su rester humble », observe le directeur de la compagnie qui accompagnera le champion dans ses prochains tournois, notamment le Geneva Open et les Swiss Indoors de Bâle.

Wawrinka, « Stan the Man », c’est la modestie et la classe, habillé ce vendredi à Cornavin d’un élégant costume anthracite, écharpe avec un « S » bien en évidence nouée autour du cou. Sans doute une certaine timidité, mais une gentillesse apparente, une grande disponibilité, de la patience. Quand Xavier, le premier concurrent de Stan, se fait attendre, appelé à plusieurs reprises au micro, nulle marque d’impatience du numéro 4 mondial. A la fin de la démonstration, petite bousculade en quête d’autographes et de selfies. Les organisateurs s’énervent, gesticulent : « Dégagez le passage ! » Stan, lui, est ravi. Il s’arrête, sourit, signe, prend son temps, pour le plus grand plaisir de ses fans.

La compagnie Lyria pouvait-elle rêver d’un meilleur ambassadeur ? A l’heure où la nervosité brouille si souvent la communication entre Paris et le « reste de la France et du monde », la réponse est claire : non ! Saluons ce partenariat que certaines personnes mal intentionnées se hâteront de qualifier de « coup de pub » ! C’est bon pour le développement des transports par le rail. C’est bon pour les villes de Suisse qui hébergent des tournois de tennis (Genève, Bâle, Gstaad). C’est bon pour les échanges entre Genève et Paris, bien plus agréables en TGV que sur la route.

Joli moment, vendredi à Cornavin. Merci Lyria. Merci Stan !

PhotoG

 

03/02/2016

Parlement européen : résolution en faveur des chrétiens orientaux

Le Parlement européen votera, ce jeudi 4 février 2016 à Strasbourg, une résolution déposée par 17 députés de l’Alliance libérale et démocrate pour l’Europe « sur le massacre systématique des minorités religieuses par le groupe Etat islamique ». Ce n’est pas la première fois que l’hémicycle européen aborde la question douloureuse des libertés. Il a déjà voté des résolutions sur l’Iraq, la Syrie, la Libye, l’Egypte, notamment à la suite de violences, de persécutions et d’enlèvements dont ont été victimes les chrétiens. La crise humanitaire en Irak et en Syrie a également retenu son attention, tout comme le sort du pasteur Saeed Abedini en Iran, qui vient d'être libéré à la faveur de l’accord sur le nucléaire iranien récemment conclu.

Les signataires de la résolution qui sera votée cette semaine se réclament des « orientations de l’Union relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction et [des] lignes directrices de l’Union concernant la promotion du droit humanitaire international », ainsi que de « la déclaration des Nations Unies de 1981 sur l’élimination de toutes les formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction ».

Dans leurs considérants, les députés font état d’une « idéologie extrémiste violente » qui porte atteinte aux droits de l’homme et viole le droit international humanitaire. L’action « d’éradication du patrimoine culturel et [les] activités de trafic de biens culturels » par le groupe Etat islamique sont dénoncées en des termes vigoureux : il s’agit là d’« une menace mondiale d’une gravité sans précédent contre la paix et la sécurité internationales ». Les drames humains sont relevés par les parlementaires de Strasbourg : assassinats ciblés, conversions forcées à l’islam, enlèvements, traite des femmes, esclavage des femmes et des enfants, recrutement d’enfants pour des attentats-suicides, violences sexuelles, tortures.

Par cette résolution, le Parlement européen condamne « vigoureusement le groupe Etat islamique et ses violations caractérisées des droits de l’homme ». Il exprime sa vive préoccupation face à ce qu’il considère comme un génocide. Il demande le respect « par tous du droit inaliénable » pour toute minorité de « vivre sur ses terres d'origine traditionnelles et historiques dans la dignité, sur un pied d'égalité et en sécurité, et de pratiquer librement sa religion, sans aucune contrainte, violence ou discrimination ». Le Parlement européen lance un appel en faveur de ces populations meurtries à la communauté internationale, aux institutions européennes, aux Etats membres de l’Union. Il exprime son souci que toutes les parties syriennes, exception faite des groupes liés au terrorisme, négocient à Genève une transition sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies.

On ne pourra que se réjouir du vote de cette résolution par les députés européens ce jeudi 4 février 2016, à partir de midi. Le Parlement de Strasbourg en sortira grandi et il gagnera certainement en crédibilité.