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15/08/2014

Après l'été pluvieux, l'été indien?

A la faveur de la libre circulation des mots sur les réseaux sociaux, un ami évoque le « 15 août, le jour où l’été tourne. (…) La belle saison commence déjà à décliner ; insensiblement les jours raccourcissent ; quelque chose dans l’air perd de cette transparence qui nous avait enchantés. Il va pleuvoir. » Désenchantement ? Nostalgie ? Tournant de la mi-août plaintif ?

 

Par tempérament, je pense positivement, sans doute trop parfois, mais j’ai toujours aimé ce temps de la reprise : l’école, le métier, la ville qui sort de sa langueur estivale. Un recommencement, des relations vivifiées par la joie de l’échange retrouvé et des projets pleins de promesses.

Notre été fut pluvieux. Des hommes et des femmes mettront du temps à s’en remettre, là où la météo a fait mal. Mais, après l’été pluvieux, viendra l’été indien. Les jours seront plus courts, mais les couleurs plus chaudes et les nuits plus belles. J’aime l’été indien sur les rives du petit lac du Haut-Plateau valaisan, au pied de notre havre de paix, à l’entrée de la forêt.

Les couleurs de l’automne, c’est aussi le chant des vendanges, la récolte des fruits mûrs. Nulle nostalgie, mais la joyeuse anticipation du couronnement de l’année pour l’homme de la terre, appelé à la cultiver et à la garder, pour la nourriture des siens.

Après l’été pluvieux, l’été indien ! J’aime chaque saison que Dieu fait et offre si généreusement aux humains que nous sommes. Eté pluvieux, certes, mais propice à la lecture. Et voici, pour la reprise des notes de ce blog après les vacances, ces mots de Jacques Ellul, relus cet été : « Retrouvez la joie de la terre. (…) Contemplez la plénitude de la campagne, la grandeur des monts, la majesté de l’océan, et le mystère de la forêt. Cela est fait pour vous si vous êtes des habitants qui recevez là tout le nécessaire pour être heureux, comme l’a été l’homme pendant des millénaires. »[1]

Bel été indien à toutes et à tous !

 

 

 



[1] Jacques Ellul, Ce que je crois, Paris, Grasset, 1987, p. 69.

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