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27/04/2014

Un certain 27 avril

C’était un dimanche, comme aujourd’hui en 2014. Le grand homme avait demandé, une fois encore, l’avis de son peuple par la voie du référendum. Il l’avait déjà fait à de multiples reprises, notamment pour la révision constitutionnelle de 1962, qui devait permettre l’élection du chef de l’Etat par toutes les citoyennes et tous les citoyens. Il l’avait fait plus tôt, notamment pendant les heures sombres de la guerre d’Algérie, plus tôt encore pour lancer la Cinquième République. Pour de Gaulle, l’adhésion du pays était nécessaire. Ses mots sont gravés dans l’histoire de France : « Le vote franc et massif. » Mais aussi le risque : à défaut, « je cesserai d’exercer mes fonctions ». Le courage, depuis le 18 Juin, le risque, l’intégrité. Pas un jour de pouvoir pour la seule jouissance du pouvoir. D’autres, mais ils sont peu nombreux, ont mis l’intégrité du discours clair en premier. Il y eut Mendès France.

 

Ce dimanche 27 avril 1969, le peuple a répondu non à la régionalisation et à la réforme du Sénat proposées à ses suffrages. Mais a-t-il répondu à la bonne question ? Toujours est-il que de Gaulle n’a pas tergiversé, comme les politiques le font aujourd’hui sur les plateaux médiatiques les soirs d’élection, quand tout le monde a gagné. Non. Alors que les résultats diffusés par les radios ponctuent cette (triste) soirée, un communiqué tombe : lundi à midi (le lendemain déjà !), le chef de la France libre et chef de l’Etat aura quitté l’Elysée. Belle leçon. Il n’interviendra plus dans le jeu politique du pays. Il recevra quelques proches, André Malraux en particulier, qui donnera le ton et l’ambiance de ses conversations avec le Général dans Les Chênes qu’on abat. Charles de Gaulle consacrera les derniers mois de sa vie à boucler ses Mémoires.

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La France continue. La campagne électorale ouvre la route de l’Elysée au sage et prudent Georges Pompidou. Ce mois d’avril 1969, la sublime BB tourne Les femmes. Les hommes passent, les peuples demeurent.

13/04/2014

Médecin à Genève, premier ministre à Madagascar

Aux premières heures de la matinée, il attendait le bus sur une artère principale de Genève. Nous montions dans le même véhicule de nos transports publics, lui pour se rendre au centre d’imagerie et de radiologie qu’il avait ouvert en ville. En 2013, il quitte Genève, retourne à Madagascar et annonce sa candidature aux élections présidentielles de décembre 2013. Il devra renoncer à se présenter pour cause de non-respect de l’obligation de résidence dans le pays dans les six mois qui précèdent le scrutin. Le fait, toutefois, avait retenu mon attention.

 

Vendredi soir, un texto s’affiche sur le mobile : « Le docteur Kolo premier ministre de Madagascar. » Soixante-quinze jours après son élection, après les tractations politiques que l’on peut imaginer dans une république en proie aux tourments depuis des années, le président Hery Rajaonarimampianina nomme Christophe Laurent Kolo Roger premier ministre.

kolo roger.jpgNé le 3 septembre 1943, Roger Kolo a étudié la médecine à Madagascar, en France et en Suisse, avant de diriger un centre de radiologie et d’imagerie à Genève. Marié à Zakia Katoun, il est père de trois enfants.

Le docteur Kolo n’est membre d’aucun parti. La lutte contre la corruption, l’éducation, la sécurité publique et la coopération internationale figurent parmi ses priorités. Il est particulièrement attaché à la réconciliation sociale, culturelle et religieuse de son pays. A cet égard, il convient de relever dans son cursus son passage à l’école jésuite d’Antananarivo.

 

Il me plaît de saluer l’accession du docteur Kolo, Genevois d’adoption, à de si hautes responsabilités. A mon voisin du quartier de la Servette, je souhaite bonne chance. Puisse le talent du médecin, homme d’écoute et de bonne volonté, apporter sa pierre à la reconstruction économique et morale de la Grande Île !

Photo: Le nouveau premier ministre malgache et son épouse.