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31/10/2013

La machine à remonter le temps

On entend ici et là que le magnat de l’horlogerie Jean-Claude Biver est intéressé par le journal Le Temps, sinon à une participation au capital. Le flamboyant patron a fait cette déclaration sur une chaîne de télévision, média où il sait briller. Le Temps est probablement la prochaine victime de la « guerre des journaux », et c’est bien regrettable.

Regrettable pour ses lecteurs et lectrices, qui ont su apprécier la qualité de ce journal. Pour ma part, j’y ai particulièrement savouré la page des chroniques consacrées à l’histoire des idées, à la politique et aux problèmes de société en général. Cette lecture a souvent accompagné mon café de la pause de la mi-journée.

 Mais regrettable ‒ et tragique ! ‒ pour les personnes qui, jour après jour, ont uni leurs talents pour nous offrir ces pages de qualité. Aussi est-il nécessaire que ce journal survive. Alors, tant mieux si Le Temps peut être « sauvé » ! Mais l’arrivée du talentueux horloger serait-elle une garantie pour un organe de presse ? Biver nous émeut. Il parle de « choix du cœur », d’« amour d’une région ». J’aurais préféré entendre « amour de la presse », « qualité de l’écrit et de l’information ». Mais les temps sont durs et toute perspective de sortie d’une situation difficile est à saluer, surtout pour un journal.

 Et si Jean-Claude Biver, le grand horloger, était la machine à remonter Le Temps ? A la bonne heure !

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