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30/03/2013

Paix à vous!

Arte diffusait, le soir de ce Vendredi-Saint, Le métis de Dieu, un remarquable téléfilm consacré à Jean-Marie Lustiger. On se souvient de cet ancien archevêque de Paris, de ses interventions pertinentes à la radio et à la télévision. L’homme n’était pas n’importe qui. Je veux dire : son parcours était exceptionnel, parce qu’il était dramatique.

 

Né Aaron Lustiger en septembre 1926, il est fils d’une famille juive originaire de Pologne. L’été 1939, les bruits de bottes poussent ses parents à l’envoyer, avec sa sœur, à Orléans. Précaution providentielle. On entend les bruits de guerre et il a déjà côtoyé l’antisémitisme. Peu de temps encore et la peste brune se mettra au service de l’occupant, broyant tout sur son passage.

La Semaine sainte de l’an quarante, le jeune Lustiger entre pour la première fois dans la cathédrale d’Orléans. Aaron sent l’oppression, comme l’adolescent sent venir la brutalité, le drame et l’effroi. Il racontera plus tard qu’une paix immense a envahi son cœur d’adolescent, là, sous les voûtes de l’auguste monument. « Une paix immense, la paix du Christ ! » Il devient chrétien et est baptisé.

Sa vie ne sera plus la même. Il faut relever, car le fait n’est pas anecdotique, que le garçon « tombe » sur une Bible à l’âge de 10 ans, un peu plus peut-être. Il est saisi par le lien insécable entre les textes de la Bible d’Israël et le Nouveau Testament. Pour l’adolescent, sa conversion n’est pas une rupture avec l’enseignement de ses pères, c’est l’ouverture vers son accomplissement. Toute sa vie, il n’aura de cesse d’approfondir les liens entre le peuple juif et le monde chrétien.

« Paix à vous ! » C’est la salutation du Christ, le soir de sa résurrection, quand il entre dans la maison où ses disciples sont réunis, tiraillés, partagés entre le doute et la foi. Comme nous ne savons plus, quand nos raisons d’hommes nous empêchent de voir, de comprendre, en un mot : de croire !

Est-ce si compliqué de croire, de nous laisser envahir par la paix, la paix du Christ ? Lustiger fut un exemple de foi chrétienne, mais il n’a pas cherché midi à quatorze heures ! Il s’est laissé envahir par la force mystérieuse de la résurrection ; il s’est laissé retourner ; il est reparti, plein d’audace et de foi. Pourtant, l’épreuve ne lui fut point épargnée. Sa mère est morte à Auschwitz.

Allez, courage ! Christ est ressuscité ! Joyeuses Pâques !

12/03/2013

Un pape venu de Hongrie ?

Le conclave appelé à élire le nouveau souverain pontife se réunit dès ce mardi 12 mars 2013. Si tous les chrétiens ne suivront pas l’événement avec le même emballement ni ne lui accorderont la même importance, ils ne resteront toutefois pas indifférents, puisqu’il s’agit aussi de l’élection du chef d’un micro-Etat dont l’influence n’est pas anodine sur les affaires du monde.

 

Les secrets du conclave sont impénétrables et nul ne se hasardera au moindre pari. Depuis l’annonce du retrait de Benoît XVI, les spécialistes parlent et écrivent, et les portraits des papables font la une des journaux et alimentent la toile. Mais, ici, point de pronostic.

J’ai retenu un nom, par sympathie peut-être, par intérêt pour ce qui se passe à l’esterdo peter 2.jpg du continent européen assurément. Erdö Péter, archevêque d’Esztergom-Budapest, en Hongrie. Il est jeune, 60 ans. Sa vie est à l’image de ces personnalités dont le caractère a été forgé par l’oppression du socialisme à la sauce soviétique. J’ai à l’esprit quelques noms. Ils ne relèvent pas tous du clergé : Soljenitsyne, Sakharov et la courageuse Elena Bonner, Karol Wojtyla, Lech Walesa, et tant d’anonymes. Plus près de nous, le président de la République fédérale d’Allemagne, le pasteur Joachim Gauck ; son rêve d’être journaliste fut contrarié par le régime de Pankow.

Ambition brisée encore pour un autre citoyen de l’Est. Le père du cardinal Erdö, avocat, fut empêché d’exercer sa profession. Crime rédhibitoire, sa famille était croyante, et pratiquante. Son fils Péter, qui siège dès aujourd’hui à la chapelle Sixtine, a rendu ce bel hommage : « Mes parents avaient le choix entre la foi et la promotion sociale, ils ont choisi la foi. » La foi qui soulève les montagnes et fait tomber les murs.

07/03/2013

Tarifs TPG : Grosse Bêtise

Nous avons à Genève un avocat actif dans la démagogie, conseiller d’Etat d’une autre époque, à la recherche de terres plus rouges et plus brûlées depuis que son parti et le bon peuple ne l’ont plus voulu au gouvernement. Mais il est en quête du grand retour. Vous l’avez reconnu, c’est Grobet ! Pour lui, toutes les causes sont bonnes pour capter l’attention des médias, et des votes bien sûr. Ainsi en fut-il avec la fameuse initiative populaire contre la hausse des tarifs des TPG, soumise aux Genevois le 3 mars 2013, et dont notre avocat fut un des pères « spirituels » (il n’est pas seul dans l’affaire).

 

Maître Grobet, héraut des locataires, s’est transformé ‒ avec les années ‒ en défenseur émouvant du troisième âge, ce qui est tout à son honneur, tant nos aînés sont abandonnés sur les bas-côtés de la route. Mais, Talleyrand le disait admirablement, tout ce qui est excessif est insignifiant et notre brillant avocat s’est laissé emporter par sa fougue et sa conviction en défendant avec quelques autres cette initiative de l’AVIVO. Sans doute un défaut de jeunesse que personne ne lui reprochera.

Le peuple, touché par les beaux discours, a accepté l’initiative, en parfaite connaissance de cause pour toute personne qui prend la peine de s’informer avant de voter, en lisant et en comparant les arguments. Or, une disposition de cette initiative implique que les jeunes de 18 à 25 ans ne seront plus au bénéfice du tarif junior. Le Conseil d’Etat l’a confirmé mercredi.

Les conséquences seront lourdes pour les familles, qui verront leurs enfants privés de ce tarif junior. L’initiative est injuste pour des jeunes qui ont fait le choix de l’apprentissage et qui disposent de moyens financiers modestes. Elle est incompréhensible pour ceux qui suivent la filière des études, coûteuse pour beaucoup de familles. Comment l’extrême gauche, qui cherche à conquérir le vote des jeunes et des gens modestes, a-t-elle pu concevoir un tel projet, sinon pour attirer les votes des plus âgés, au risque de fragmenter davantage une société déjà bien divisée ? Pourquoi les électrices et les électeurs sont-ils tombés dans ce piège ? Gênés aux entournures, embarrassés par l’imbroglio que leur génie a créé, les auteurs de la Grosse Bêtise tentent d’esquiver.

La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres, disait Winston Churchill. Humour perfide du Vieux Lion, certes… Le résultat d’un vote populaire ne saurait être remis en cause. Toutefois, il s’agit de prendre toute la mesure de nos droits populaires ; ils ont leur prix et nous ne pouvons pas nous permettre de les galvauder par le « n’importe quoi ». En l’occurrence, avant de voter sur un objet qui engage l’infrastructure des transports publics, un concept développé depuis de nombreuses années par des gens de tous les horizons politiques, il est impératif de dépasser aigreurs et rancœurs de l’instant envers un magistrat ou un autre. 

Elément significatif de la dernière campagne sur les tarifs des transports publics, les composantes de la « gauche dure » et le Mouvement citoyens genevois ont seuls fait campagne pour le oui, à la différence de tous les autres partis. J’ai toujours pensé que les extrêmes ‒ de gauche et de droite ‒ avaient vocation à se rejoindre, à Genève comme ailleurs. Aussi conviendra-t-il de ne pas l’oublier à l’heure des élections cantonales de cet automne. L’extrême gauche (quel sera son dernier nom ?) et le Mouvement citoyens genevois, par leur démagogie opportuniste, sont nocifs et contre-productifs. Nocifs, donc à  éviter.

Un dernier mot. Les jeunes ont perdu dans cette affaire. C’est le moment pour eux de relever la tête, de prendre au sérieux le privilège de leur responsabilité citoyenne et de voter, puisque, dès 18 ans, ils peuvent donner leur avis ! Pourquoi s’en priveraient-ils ?