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07/03/2013

Tarifs TPG : Grosse Bêtise

Nous avons à Genève un avocat actif dans la démagogie, conseiller d’Etat d’une autre époque, à la recherche de terres plus rouges et plus brûlées depuis que son parti et le bon peuple ne l’ont plus voulu au gouvernement. Mais il est en quête du grand retour. Vous l’avez reconnu, c’est Grobet ! Pour lui, toutes les causes sont bonnes pour capter l’attention des médias, et des votes bien sûr. Ainsi en fut-il avec la fameuse initiative populaire contre la hausse des tarifs des TPG, soumise aux Genevois le 3 mars 2013, et dont notre avocat fut un des pères « spirituels » (il n’est pas seul dans l’affaire).

 

Maître Grobet, héraut des locataires, s’est transformé ‒ avec les années ‒ en défenseur émouvant du troisième âge, ce qui est tout à son honneur, tant nos aînés sont abandonnés sur les bas-côtés de la route. Mais, Talleyrand le disait admirablement, tout ce qui est excessif est insignifiant et notre brillant avocat s’est laissé emporter par sa fougue et sa conviction en défendant avec quelques autres cette initiative de l’AVIVO. Sans doute un défaut de jeunesse que personne ne lui reprochera.

Le peuple, touché par les beaux discours, a accepté l’initiative, en parfaite connaissance de cause pour toute personne qui prend la peine de s’informer avant de voter, en lisant et en comparant les arguments. Or, une disposition de cette initiative implique que les jeunes de 18 à 25 ans ne seront plus au bénéfice du tarif junior. Le Conseil d’Etat l’a confirmé mercredi.

Les conséquences seront lourdes pour les familles, qui verront leurs enfants privés de ce tarif junior. L’initiative est injuste pour des jeunes qui ont fait le choix de l’apprentissage et qui disposent de moyens financiers modestes. Elle est incompréhensible pour ceux qui suivent la filière des études, coûteuse pour beaucoup de familles. Comment l’extrême gauche, qui cherche à conquérir le vote des jeunes et des gens modestes, a-t-elle pu concevoir un tel projet, sinon pour attirer les votes des plus âgés, au risque de fragmenter davantage une société déjà bien divisée ? Pourquoi les électrices et les électeurs sont-ils tombés dans ce piège ? Gênés aux entournures, embarrassés par l’imbroglio que leur génie a créé, les auteurs de la Grosse Bêtise tentent d’esquiver.

La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres, disait Winston Churchill. Humour perfide du Vieux Lion, certes… Le résultat d’un vote populaire ne saurait être remis en cause. Toutefois, il s’agit de prendre toute la mesure de nos droits populaires ; ils ont leur prix et nous ne pouvons pas nous permettre de les galvauder par le « n’importe quoi ». En l’occurrence, avant de voter sur un objet qui engage l’infrastructure des transports publics, un concept développé depuis de nombreuses années par des gens de tous les horizons politiques, il est impératif de dépasser aigreurs et rancœurs de l’instant envers un magistrat ou un autre. 

Elément significatif de la dernière campagne sur les tarifs des transports publics, les composantes de la « gauche dure » et le Mouvement citoyens genevois ont seuls fait campagne pour le oui, à la différence de tous les autres partis. J’ai toujours pensé que les extrêmes ‒ de gauche et de droite ‒ avaient vocation à se rejoindre, à Genève comme ailleurs. Aussi conviendra-t-il de ne pas l’oublier à l’heure des élections cantonales de cet automne. L’extrême gauche (quel sera son dernier nom ?) et le Mouvement citoyens genevois, par leur démagogie opportuniste, sont nocifs et contre-productifs. Nocifs, donc à  éviter.

Un dernier mot. Les jeunes ont perdu dans cette affaire. C’est le moment pour eux de relever la tête, de prendre au sérieux le privilège de leur responsabilité citoyenne et de voter, puisque, dès 18 ans, ils peuvent donner leur avis ! Pourquoi s’en priveraient-ils ?

 

Commentaires

La vraie question est : pourquoi s'en privent-il ?

Écrit par : lulu la nataise | 07/03/2013

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