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28/01/2013

Pendant six jours, tu feras tous tes achats. Le septième, tu te reposeras

Les Chambres fédérales ont adopté une nouvelle loi, dont la paternité revient au conseiller national genevois Christian Lüscher, aux termes de laquelle les stations-service auront la liberté de vendre une gamme complète d’articles et des produits frais entre 1 heure et 5 heures du matin, ainsi que le dimanche. Une nouvelle brèche est ouverte dans une loi sur le commerce qui n’est pas toujours appliquée avec toute la rigueur voulue et un pas est franchi en direction d’une libéralisation généralisée des horaires pour tous les commerces, le soir et le dimanche. Inacceptable !

 

A tel point inacceptable qu’un référendum a été lancé par l’Alliance pour un dimanche sans travail, qui réunit, outre la gauche politique et les syndicats déjà attendus, des représentants des Eglises (protestantes et catholique), le parti évangélique suisse, la Société suisse de médecine du travail et la Ligue suisse des femmes catholiques. Toutes ces organisations ont jusqu’au 7 avril 2013 pour récolter les 50 000 signatures nécessaires pour l’organisation d’un scrutin populaire.

Des médecins sont engagés dans ce combat, car il y va de la santé du personnel de vente et de l’équilibre des familles, menacé par l’extension du travail nocturne. Les Eglises descendent dans l’arène, car il y va de l’équilibre de la personne humaine et de son épanouissement spirituel.

On prétend, bien sûr, que les temps ont changé, ce qui est l’évidence. On consomme autrement, d’accord. Mais je constate aussi que l’on travaille autrement ! Les horaires sont flexibles (en particulier dans notre Cité genevoise). Autour d’un pivot central d’heures, la journée peut commencer plus tard et se terminer plus tôt. Cet aménagement du temps dû à l’employeur laisse un espace de liberté pour « faire ses courses », ou simplement s’attarder dans les magasins.  

Vous me direz, et en soi vous n’avez pas tort, que cette libéralisation des heures d’ouverture des boutiques des stations-service est peu de chose. Mais il faut toujours prévoir le coup d’après ! Il ne serait pas impensable que certains milieux économiques aient d’autres cartouches dans leur sac. Une motion a été déposée au Conseil des Etats en vue de l’ouverture des magasins de 6 heures à 20 heures tous les jours de la semaine, avec un petit cadeau toutefois pour le samedi : fermeture à 19 heures…

Sur un plan tout à fait pratique, je me demande si ceux qui veulent absolument des magasins ouverts le dimanche ne seraient pas les derniers à s’y rendre. J’ai observé que les nocturnes genevoises n’attirent pas grand monde. Plusieurs commerçants n’ont jamais engagé leur boutique dans cette voie et ils n’ont sans doute pas à s’en plaindre. Pour le personnel de vente que j’ai côtoyé dans plusieurs magasins de la Cité, l’extension des horaires n’est absolument pas créatrice d’emplois.

Retenez bien cette date : le délai référendaire est fixé au 7 avril, dans dix semaines. Le temps presse !

 

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