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29/03/2018

Edouard de Montmollin

J'apprends le décès du pasteur Edouard de Montmollin, qui servit au temple Saint-Pierre de Genève. Il fut actif à la Société évangélique de Genève. Un homme chaleureux, aux fortes convictions calvinistes. Je n'oublie pas le dîner partagé à sa table lors du vingt-cinquième anniversaire de la Faculté Jean Calvin d'Aix-en-Provence, en 1999.

Que Dieu soutienne sa famille dans ces heures de séparation et lui apporte la consolation dans l'espérance de la résurrection en ce temps de Pâques..

02/03/2018

Pour Noeh et les enfants du Moyen-Orient

En décembre 2017, l’association chrétienne Portes ouvertes a déposé auprès du Secrétariat général des Nations Unies, à New York, la pétition « Espoir pour le Moyen-Orient ». Elle avait circulé sur les réseaux sociaux et recueilli 808 172 signatures dans plus de 143 pays (c’est considérable !), dont 27 376 en Suisse, où elle a notamment reçu l’appui de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et du Réseau évangélique suisse (RES). Son objet ? Fortifier et encourager sur place les chrétiens de Syrie et d’Irak en apportant une contribution à la reconstruction de leurs pays, ce qui implique la garantie de la protection de toutes les minorités religieuses ou ethniques. On relève parmi les signataires de la pétition 64 000 personnes d’Irak.

L’association Portes ouvertes ne mâche pas ses mots : en Syrie et en Irak, « être chrétien est une tare ». Selon son indice annuel, ces deux pays occupent la sixième et la septième position parmi les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Les chrétiens sont spoliés, exclus de la vie sociale et politique. La scolarisation des enfants est difficile et ils sont discriminés en matière de logement et d’aide sociale.

La pétition est claire. Elle demande trois mesures :

« Assurer dès à présent et à l’avenir un cadre légal qui garantisse l’égalité, la jouissance des droits inaliénables et la protection de tous les citoyens en Syrie et en Irak, quels que soient leur race, leur religion ou leur statut. 

» Garantir des conditions de vie dignes à tous les citoyens, et particulièrement aux réfugiés et aux déplacés internes qui retournent chez eux, en leur assurant notamment un logement décent et l’accès à l’éducation et à l’emploi.

» Identifier des personnes et organisations responsables, et les encourager à jouer un rôle central et constructif dans la réconciliation et la reconstruction de la société syrienne et irakienne. »

La pétition « Espoir pour le Moyen-Orient » a été déposée au siège des Nations Unies par une délégation composée de représentants de Portes Ouvertes et de chrétiens irakiens. Parmi ces derniers, Noeh, 12 ans, accompagne son père. Ils viennent de Karamlech, à 30 kilomètres à l’est de Mossoul. En août 2014, ils ont fui leur village face à l’avancée des forces de l’Etat islamique et se sont retrouvés dans un camp de réfugiés à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, au nord de l’Irak. Leur maison a été brûlée, parce qu’ils sont chrétiens. Il y a quelques mois, ils ont pu y retourner, ce qu’ils n’ont pas hésité à faire. Ils désirent participer à la reconstruction de leur pays, qu’ils ne veulent pas quitter. Depuis lors, Noeh a retrouvé l’école de son village natal de Karamlech. Fan de l’équipe de football du FC Barcelone, la délégation de Portes ouvertes aux Nations Unies lui a offert un maillot aux couleurs du Barça dédicacé par Lionel Messi. Quel parcours pour cet adolescent irakien, figure emblématique de l’« Espoir pour le Moyen-Orient » !

Les représentants de l’association chrétienne ont exprimé leur confiance après avoir été reçus par Kyoko Shiotani, chef du bureau du secrétaire général António Guterres, et Achim Steiner, administrateur du Programme de développement des Nations Unies (PNUD). Mais il faudra beaucoup de persévérance avant de pouvoir offrir à Noeh et à ses camarades de classe de Karamlech, et à tous les enfants du Moyen-Orient, la jouissance de droits inaliénables et des conditions de vie dignes en vue de la réconciliation et de la reconstruction de la patrie qu’ils aiment.

23/02/2018

Billy Graham, bon et fidèle serviteur

Ombre de tristesse, ce mercredi après-midi 21 février, quand j’apprends, à la faveur des réseaux sociaux, le décès de Billy Graham. Mais, en parcourant les hommages rendus à ce prédicateur infatigable de l’Evangile, je suis saisi par un sentiment de profonde reconnaissance. Graham a marqué plusieurs générations, son message percutant, pimenté d’un humour délicieux, a touché au plus profond des êtres, remuant et bouleversant nombre de vies. On parle de plus de 200 millions de personnes atteintes dans les grands rassemblements de foule à travers le monde, sans compter les auditeurs de ses programmes radiodiffusés et les lecteurs de ses livres et articles publiés dans le magazine Décision.

Un carnet d’adresses à faire pâlir d’envie… Il a côtoyé les plus grands, tous les présidents américains depuis Harry Truman, souvent dans des heures de crise, la reine d’Angleterre, des hommes d’affaires, des artistes. Les plus modestes aussi, et le peuple surtout, lors de ses célèbres shows, à l’américaine certes, mais qui touchaient les gens, car Graham savait parler.

Parler. Avec conviction. Après une sérieuse réflexion sur sa foi personnelle, il accepte la Bible comme étant la Parole inspirée et infaillible de Dieu. « La Bible dit… » Ces trois mots rythmaient ses prédications, leur donnaient autorité. On savait ce que l’orateur croyait. Il parlait avec force et chaleur humaine, dans un cœur à cœur avec ses auditeurs, les yeux dans les yeux, abordant les problèmes existentiels de l’être humain. Parler à ses contemporains, c’était l’art de Billy Graham.

On lui a reproché son alignement sur un certain conservatisme d’outre-Atlantique. Mais, dès les années 1950, il a clairement refusé de prêcher devant un auditoire où était pratiquée la ségrégation raciale, et cela déjà dans son propre Etat de Caroline du Nord (rappelez-vous l’époque marquée par le racisme de l’ancienne Confédération sudiste), comme plus tard dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Il était l’ami de Martin Luther King. Proche des présidents américains ? Oui, mais surtout leur conseiller spirituel en réponse à leur invitation, qu’ils soient républicains ou démocrates.

Graham partageait une vision universelle de l’Eglise. Il avait visité tous les continents. Il fut un des initiateurs, dans les années 1970, du Mouvement de Lausanne pour l’évangélisation mondiale, aux côtés de l’anglican John Stott. Il s’agissait, pour les chrétiens, de se rencontrer, de dépasser les murs des chapelles, d’agir en étant animés d’une vision du christianisme qui englobe toutes les sphères de l’existence. L’évangélisation, certes, mais aussi la vie sociale, l’économie, l’environnement, les arts, la politique, bref, tout ce qui fait notre humanité quotidienne.

Dans les années 1950, on parlait déjà de Billy Graham en Suisse romande. Le Journal de Genève des samedi 11 et dimanche 12 juin 1955 ouvre sa page « Lettres • Art • Histoire » au pasteur Claude Reverdin, qui exerçait alors son ministère à Londres, pour qu’il donne son point de vue sur le jeune Américain. Le propos n’est pas dénué d’intérêt. Certains aspects des campagnes de Billy Graham peuvent prêter le flanc à la critique, mais « les pharisiens non plus n’aimaient pas les méthodes de Jean-Baptiste », relève le pasteur genevois. Faut-il pour autant refuser d’écouter Graham ? Il est certes difficile de comparer le Jean-Baptiste évangélique au jeune prédicateur américain. « La distance est infinie entre la retraite, le dépouillement du premier et la vie débordante d’activités et matériellement très facile du second. Mais c’est le même message de repentance et de retour à Dieu. C’est une prédication simple, claire, directe et énergique. On sait où on en est et on est obligé d’écouter. Qu’à travers cette prédication Dieu se soit révélé à beaucoup ne fait aucun doute. »

Alors oui, dans ces moments de peine, un grand nombre de chrétiens ont un profond sentiment de reconnaissance pour le travail de ce bon et fidèle serviteur de l’Evangile ! Son héritage est éternel.